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- 19 ans sans gouvernail à la CNSS
©Ici Beyrouth
19 ans. C’est le temps durant lequel la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a fonctionné sans conseil d’administration : sans véritable organe de décision, de gouvernance et de surveillance.
Pendant près de deux décennies, le conseil a vu certains de ses membres disparaître, d’autres démissionner, tandis que les survivants du dispositif, vieillissants et désabusés, n’étaient plus en mesure de réagir avec la célérité requise. Entre-temps, l’institution a navigué à vue, au gré des crises successives qui l’ont secouée.
Dix-neuf ans sans conseil d’administration : un dysfonctionnement institutionnel érigé en système. Et l’on voudrait aujourd’hui juger la CNSS à l’aune de ses performances.
Le Conseil des ministres a finalement approuvé, au cours de la deuxième semaine d’août, la nomination d’un nouveau conseil d’administration, 19 ans après l’expiration du mandat précédent. Dans le même temps, il a avalisé une formule allégée, ramenant le nombre de ses membres de 26 à 10, avec l’objectif affiché d’accélérer la prise de décision.
Comité d’investissement
Le directeur général, Mohammad Karaki, rejette toute responsabilité dans l’érosion de la valeur réelle des fonds de la CNSS, destinés au paiement des indemnités de fin de service. Il l’attribue principalement à l’effondrement de la livre et au non-paiement des dettes de l’État. Selon lui, la CNSS, qui perçoit ses cotisations et verse ses indemnités en livres libanaises, a subi de plein fouet les effets de l’effondrement monétaire, à l’instar des particuliers et des entreprises.
Pour éviter, autant que possible, que le scénario ne se répète, un comité d’investissement doit être créé pour gérer les nouveaux fonds de la CNSS, qui représentent les droits actuels et futurs des assurés. Sa mission sera de définir une politique d’investissement destinée à préserver leur valeur, générer des rendements durables et maîtriser les risques.
La sélection de ses membres devra reposer sur des critères de compétence, de transparence et de bonne gouvernance, avec notamment des spécialistes de la finance et de l’investissement.
Corriger les déséquilibres
La CNSS s’attelle aujourd’hui à corriger ses déséquilibres en renforçant le contrôle et l’inspection, en améliorant le recouvrement des cotisations et des arriérés et en œuvrant à la déclaration des salaires réels.
Dans cette logique s’inscrivent le relèvement des plafonds de cotisation, parallèlement à la revalorisation des salaires et du salaire minimum officiel, ainsi que la possibilité pour les employeurs qui le souhaitent de régler leurs cotisations en devises. La Caisse entend également moderniser ses services à travers la numérisation et le développement des services électroniques.
Un problème de fond toujours sans solution
Un autre problème de fond, qui frappe de plein fouet les personnes ayant fait valoir leurs droits à la retraite depuis 2019, demeure entier.
Le constat est particulièrement amer : après plus de vingt ans de labeur, les indemnités perçues se réduisent, pour la plupart, à une poignée de milliers de dollars.
Face à cette situation, le patronat a accepté la proposition de loi présentée par le député Fayçal Karamé, qui prévoit que les chefs d’entreprise prennent en charge 50 % de la somme en dollars frais, tandis que l’État assumerait les 50 % restants, la somme perçue par le retraité étant calculée sur la base de l’indemnité encaissée en livres libanaises. La réponse des deux derniers gouvernements successifs se fait attendre.

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