Inter-Lebanon tient sa première étoile. Le club a remporté la Federation Cup 2026, Championnat du Liban des clubs d’athlétisme, avec 292,39 points, devant Let’s Run (251,13) et l’Armée (165,69). Au-delà du sacre, quatre journées de compétition ont surtout dessiné les contours d’un athlétisme libanais en mutation: un sprint de plus en plus dense, une relève qui pousse et un nouveau format qui redistribue les cartes.
Il aura fallu quatre jours, des points grappillés sur la piste comme dans les concours et un mano a mano avec Let’s Run. Du 13 au 16 août, Inter a finalement fait la différence pour s’installer tout en haut de la Federation Cup 2026.
Avec 292,39 points contre 251,13 à son principal rival, le club décroche sa première étoile sous la nouvelle formule. L’Armée complète le podium avec 165,69 points, devant Jamhour.
Un derby qui prend forme
La grande nouveauté de cette édition résidait dans le mode de calcul. Fini les classements séparés entre hommes et femmes: les performances alimentent désormais un compteur commun.
Une formule qui change la physionomie du championnat. Quelques locomotives ne suffisent plus à faire la différence: la densité de l’effectif et sa capacité à marquer des points dans le sprint, le demi-fond, le fond et les concours deviennent déterminantes.
À ce jeu, Inter s’est montré le plus complet.
Mais Let’s Run n’a jamais véritablement lâché prise. Les deux formations sont en train d’installer un duel qui pourrait rapidement prendre des allures de derby de l’athlétisme beyrouthin. Derrière elles, l’Armée reste une valeur sûre, mais la hiérarchie évolue.
Le sprint, locomotive libanaise
Au-delà du classement des clubs, l’un des grands enseignements du championnat se trouve dans les lignes droites.
Le Liban dispose aujourd’hui d’une densité de sprinteurs particulièrement intéressante. Aux références que constituent Aziza Sbaity et Noureddine Hadid s’ajoute une nouvelle génération emmenée notamment par Andrew Danny, Ghadi Abouchacra, Karim Slim, Majd Akil, Mahdi Issa, Ammar Hammoud, Isabelle Abdouch ou Rasha Badrani.
Et le réservoir pourrait encore gagner en épaisseur avec le retour d’athlètes freinés cette saison par les blessures, comme Maissa Moawad, Marc Anthony Ibrahim et Tamer Saleh.
Nawal Saleh, Haya Kobrosly et Chanel Richa continuent également de progresser, tandis que d’autres jeunes poussent derrière.
Le constat est encourageant: dans le sprint, la quantité commence à rejoindre la qualité.
Le demi-fond attend son passage de témoin
La situation est plus contrastée lorsque les distances s’allongent.
Joan Makary reste une référence sur 1.500 et 5.000 m, mais derrière elle, le renouvellement s’amorce. Haya el Hage, Carine Bawab, Amer Bawab, Marlon Soueid, Bilal Salaheddine ou Ali Seifeddine appartiennent à cette génération appelée à prendre davantage de place.
Le potentiel existe, mais le demi-fond, le fond et plusieurs concours disposent encore d’une profondeur moindre que le sprint.
Pour les clubs comme pour la Fédération, le chantier paraît donc tout trouvé: élargir la détection, structurer davantage la formation et attirer de nouveaux jeunes vers les disciplines où le réservoir demeure insuffisant.
Une première étoile pour Roger Bejjani et Inter
Cette couronne revêt aussi une saveur particulière pour Roger Bejjani, président et fondateur d’Inter-Lebanon, qui accompagne depuis des années la construction et le développement du club.
Mais la victoire s’est d’abord fabriquée sur la piste. Elle récompense les athlètes et le travail d’un encadrement composé notamment de Mohamad Siraj Tamim, Rana Eid, Ahmad Hazer et Wissam Yazbeck.
Cette première étoile raconte ainsi davantage qu’un titre de champion. Elle récompense une structure capable de marquer dans suffisamment de disciplines pour tirer pleinement profit de la nouvelle formule.
Gagner la bataille de la visibilité
Reste un adversaire que tous les clubs partagent: le manque d’exposition.
Face au basket et au football, l’athlétisme libanais reste encore dans l’ombre. Or moins de visibilité signifie moins de pratiquants, moins de sponsors et, à terme, un vivier plus étroit.
L’équation est simple: pour faire émerger davantage de Sbaity, Hadid ou de jeunes sprinteurs capables d’approcher le niveau international, il faut d’abord multiplier le nombre d’enfants qui entrent sur une piste.
Inter a gagné la première bataille de la nouvelle formule. Let’s Run lui a déjà montré que les suivantes seraient disputées.
Et si cette rivalité pousse les clubs à recruter, former et investir davantage, la première étoile d’Inter pourrait finalement éclairer bien au-delà de son propre maillot.




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