L'Irak a annoncé lundi qu'il allait enquêter sur l'origine de tirs de drones ayant visé dans la nuit le bureau du Premier ministre du Kurdistan autonome, imputés par ce dernier à l'Iran, qui a condamné une attaque «suspecte».
L'attaque, dans les environs de Pirmam, dans la province d'Erbil, et qui n'a pas fait de victimes, a été annoncée sur X par Masrour Barzani, le Premier ministre du Kurdistan, région autonome dans le nord de l'Irak, qui a mis en cause des «drones iraniens».
«Le domicile du chef de l'Agence de sécurité et de renseignement» a également été visé, selon M. Barzani, qui a condamné des actes «irresponsables et inacceptables» et dénoncé une «escalade dangereuse».
Les services de lutte antiterroriste du Kurdistan irakien ont affirmé que l'attaque s'était produite à «00H28», au moyen de «deux drones piégés de type Hadid 110», et avait été lancée «depuis la frontière avec l'Iran».
Le chef du gouvernement irakien, Ali al-Zaïdi, a ordonné lundi la création d'une commission d’enquête pour identifier les auteurs et l'origine de l’attaque, a indiqué son cabinet, sans désigner de responsables.
Depuis le début de la guerre au Proche-Orient, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre Téhéran, le Kurdistan irakien, qui accueille des troupes américaines et des compagnies pétrolières étrangères, ainsi que des groupes kurdes iraniens en exil, qualifiés de terroristes par Téhéran, a été la cible d'attaques menées par l'Iran et des factions armées irakiennes pro-iraniennes.
Lors d'un échange entre les chefs de la diplomatie des deux pays, Téhéran a assuré à Bagdad ne «disposer d'aucune information indiquant que l'attaque provenait du territoire iranien», a indiqué le ministère des Affaires étrangères irakien.
«Menace pour la stabilité régionale»
«Rien ne justifie l’attaque inconsidérée contre le bureau du Premier ministre Barzani. Les amis kurdes doivent rester vigilants face aux opérations sous faux drapeau visant à semer la discorde entre voisins», a de son côté déclaré sur X le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi.
Son porte-parole, Esmaïl Baghaï, a souligné «la détermination de l’Iran à préserver (...) les relations amicales avec l’Irak et le Kurdistan» et «insisté sur la nécessité (...) de déjouer les sinistres complots des ennemis» des deux pays, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne Irna.
L’envoyé spécial du président américain Donald Trump en Irak, Tom Barrack, a de son côté «fermement» condamné «l'attaque contre notre ami et précieux partenaire kurde», y voyant une «menace directe pour la stabilité régionale».
Les États-Unis, a-t-il ajouté, soutiennent pleinement M. Zaïdi «dans le rétablissement de la pleine souveraineté de l'Irak et pour s’assurer que toutes les armes et toutes les forces de sécurité restent sous l’autorité de l’État irakien».
Sous la pression de Washington, Bagdad a donné jusqu'au 30 septembre aux groupes armés pro-iraniens actifs dans le pays pour se désarmer, une échéance qui coïncide avec la fin de la mission de la coalition internationale antijihadiste dirigée par Washington.
Nombre des puissantes factions armées soutenues par Téhéran, dont le poids politique et financier s’est accru en Irak au fil des années, sont apparues dans le sillage de l’invasion du pays par les États-Unis en 2003.
Si certaines d'entre elles ont annoncé qu’elles coopéreraient pour remettre leurs armes à l’État, d'autres refusent d'en discuter tant que des forces étrangères demeurent dans le nord de l'Irak.
AFP



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