L’armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé, au cours des dernières 24 heures, des infrastructures du Hezbollah dans plusieurs secteurs du sud du Liban, notamment des dépôts d’armes, un centre de commandement et d’autres installations. Elle a présenté ces frappes comme une riposte à l’explosion survenue mercredi dans le secteur de Majdal Zoun, qui a tué deux militaires israéliens et grièvement blessé quatre autres soldats. Elle a ajouté que ses troupes restaient déployées dans la «zone de sécurité» du sud du Liban conformément à l’accord et qu’elles continueraient d’agir contre toute menace visant les soldats et les civils israéliens.
خلال الأربع والعشرين ساعة الماضية: جيش الدفاع هاجم بنى تحتية إرهابية تابعة لمنظمة حزب الله الإرهابية في جنوب لبنان
— Lieutenant Colonel Ella Waweya | إيلا واوية (@CaptainElla1) August 6, 2026
🔸ردًا على الحادث الذي وقع أمس (الأربعاء)، والذي سقط فيه الرائد (احتياط) هارئيل بيرنشتوك، رحمه الله، والرقيب أول (احتياط) تمير فاكنين، رحمه الله، وأُصيب أربعة من… pic.twitter.com/W82V85v4nY
Israël avait confirmé jeudi matin la mort de deux soldats réservistes tués la veille lors d'une opération dans le sud du Liban, un incident qui a entraîné une nouvelle escalade militaire marquée par d'intenses frappes aériennes et bombardements d'artillerie sur plusieurs localités du caza de Tyr.
Les deux militaires, le major de réserve Harel Birenstock, 34 ans, commandant de la compagnie A du 2855ᵉ bataillon de la 55ᵉ brigade, et l'adjudant-chef de réserve Tamir Vaknin, 33 ans, ont été tués lorsqu'un engin explosif a détoné alors qu'ils inspectaient un bâtiment piégé à Majdal Zoun. Quatre autres réservistes ont été grièvement blessés et évacués vers des hôpitaux en Israël.
Selon l’armée israélienne, une enquête a été ouverte afin de déterminer si l'engin explosif avait été placé avant ou après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. Les enquêteurs examinent également l'hypothèse selon laquelle des combattants du Hezbollah auraient déclenché l'explosion après avoir repéré les soldats israéliens.
Il s'agit des premiers soldats israéliens tués dans le sud du Liban depuis le 28 juin.
En réaction, l'armée israélienne a accusé le Hezbollah d'une «violation flagrante» de l'accord de cessez-le-feu et lancé une vaste vague de frappes sur plusieurs secteurs du Liban-Sud.
Elle affirme, selon les médias israéliens, également que l'armée libanaise n'a pas empêché le retour des habitants à Majdal Zoun, comme le prévoirait, selon elle, l'accord de cessez-le-feu, estimant que cet incident constitue une violation de cet accord, indépendamment du moment où l'engin explosif aurait été installé.
Mercredi après-midi, le porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait appelé les habitants de Mansouri à évacuer immédiatement leurs habitations «pour leur sécurité», affirmant que les opérations militaires étaient menées en réponse à une violation du cessez-le-feu imputée au Hezbollah.
Une série de raids
Selon l'Agence nationale d'information (ANI), des drones israéliens ont mené trois frappes contre le quartier du Stade, à Bourj el-Chemali, avant qu'un avion de chasse n'effectue une quatrième frappe sur le même secteur. Quatre personnes ont été blessées et transportées vers des hôpitaux de Tyr. Les bombardements ont également provoqué un mouvement de déplacement des habitants de la localité vers la ville.
Les frappes ont provoqué un important mouvement de déplacement des habitants de Bourj el-Chemali.
Jeudi matin, le ministère de la Santé publique a annoncé que les frappes israéliennes contre Bourj el-Chemali ont fait huit blessés.
Par ailleurs, l'aviation israélienne a mené trois frappes contre Mansouri et la zone située entre Mansouri et Majdal Zoun, tandis que des tirs d'artillerie et de chars visaient simultanément Mansouri. Ces bombardements se sont poursuivis dans l’après-midi.
Des unités de l'armée libanaise et des équipes de secours se sont rendues sur les lieux des frappes à Bourj el-Chemali afin d'effectuer des opérations de reconnaissance et de s'assurer qu'aucune autre victime ou personne coincée sous les décombres ne s'y trouvait. Les raids ont été précédés par un intense bombardement d'artillerie sur Mansouri et ses environs, tandis que des tirs nourris à l'arme automatique visaient également le secteur.
Parallèlement, l'armée israélienne poursuivait de vastes opérations de ratissage à l'aide d'armes automatiques moyennes et lourdes dans les environs de Kfartebnit et en direction de la périphérie de Khiam. Des bombardements d'artillerie ont également visé Beit Yahoun et Mansouri.
Cette recrudescence des combats intervient alors que des pourparlers se tiennent à Rome sous médiation américaine afin de tenter de consolider le cessez-le-feu conclu en juin.
Située à une dizaine de kilomètres de la frontière israélienne, Mansouri a été visée à plusieurs reprises ces dernières semaines. Le 22 juin, la municipalité avait autorisé le retour des habitants tout en demandant d'éviter la partie de la localité située dans la «zone de sécurité» instaurée par Israël le long de la frontière, où les forces israéliennes poursuivent leurs opérations militaires.
La Finul alerte sur la fragilité de la situation
La Finul a indiqué que les 113 projectiles tirés mercredi par l’armée israélienne représentaient le nombre le plus élevé enregistré depuis le 21 juin. Tout en relevant que la violence demeurait nettement inférieure à celle des mois précédents, elle a qualifié la situation de «fragile», faisant état de violations quotidiennes de l’espace aérien libanais et d’activités militaires au sol.
Les Casques bleus poursuivent leur surveillance, rendent compte des développements au Conseil de sécurité et maintiennent leurs contacts avec les parties pour réduire les tensions. La Finul a enfin souligné que le respect de la résolution 1701, le dialogue et la coordination restaient indispensables à la désescalade et au rétablissement d’une stabilité complète dans le sud du Liban.
L'armée israélienne dénonce une intrusion de civils en territoire libanais
Une quinzaine de civils israéliens ont franchi mercredi la frontière avec le Liban après avoir endommagé la clôture dans le secteur de Ghajar, avant d'être localisés par l’armée israélienne et la police des frontières, puis reconduits en Israël et remis à la police.
L'armée israélienne a condamné cet incident, estimant qu'il a perturbé ses opérations et mis en danger ses soldats, et a appelé les autorités à poursuivre les personnes impliquées afin d'empêcher la répétition de tels actes.



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