Kassem fustige Aoun, Salam le recadre
Le Premier ministre Nawaf Salam (G) et le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem (D). ©Ici Beyrouth

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a vivement répondu mardi au secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, l'accusant d'avoir entraîné le Liban dans des «aventures guerrières inutiles» qui ont fourni à Israël des «prétextes» pour attaquer le pays.

Dans un message publié sur X, M. Salam a réagi aux critiques formulées quelques heures plus tôt par le chef du Hezbollah contre les autorités libanaises.

 

«Le plus grand soutien apporté à Israël est venu de celui qui s'est distingué en entraînant le Liban dans des aventures guerrières inutiles sous couvert de "soutien", lui fournissant ainsi des prétextes pour agresser notre pays, violer sa souveraineté, détruire ses villes et ses villages, tuer ses habitants et en déplacer des centaines de milliers», a-t-il écrit.

Le chef du gouvernement a également accusé le Hezbollah de continuer à «confisquer la décision de l'État» en liant le Liban «à des calculs et à des axes extérieurs», estimant que le mouvement n'était pas en mesure de «distribuer des certificats de patriotisme, et encore moins de souveraineté».

«Le Liban n'a de souveraineté qu'à travers une décision unique et indépendante, au sein d'un État doté d'une seule armée exerçant son autorité sur l'ensemble du territoire», a-t-il affirmé.

Tout en appelant à renoncer «au langage des accusations de trahison», Nawaf Salam a assuré que l'État restait déterminé à obtenir le retrait israélien de l'ensemble du territoire libanais, le retour des prisonniers, la reconstruction des zones détruites et le retour des déplacés.

Kassem critique le pouvoir

Quelques heures auparavant, Naïm Kassem avait appelé les autorités libanaises à «cesser les concessions gratuites» et à «ouvrir le dialogue avec la Résistance», tout en réitérant le rejet des négociations directes avec Israël.

Dans un discours prononcé à l'occasion de l'Arbaïn de l'imam Hussein, il avait accusé le pouvoir politique d'accorder des concessions «aux États-Unis et à Israël sans rien obtenir en retour» et affirmé que les négociations directes n'avaient apporté au Liban que «la honte, l'humiliation et les concessions successives».

M. Kassem avait également vivement critiqué le président Joseph Aoun, estimant qu'il «n'a pas agi comme un arbitre et un rassembleur, mais est devenu une partie prenante qui divise».

Le chef du Hezbollah avait appelé les responsables libanais à faire du retrait israélien, de la reconstruction, de l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth et de la restitution des dépôts bancaires leurs principales priorités.

Il avait par ailleurs réaffirmé que «la résistance se poursuivra tant que l'occupation existera», tout en assurant soutenir le déploiement de l'armée libanaise au sud du Litani.

Sur le plan régional, Naïm Kassem s'est enfin prononcé en faveur d'un renforcement des relations entre le Liban et la Syrie, affirmant qu'aucun obstacle ne s'opposait à une rencontre publique entre le Hezbollah et les nouvelles autorités syriennes lorsque les deux parties le jugeraient opportun.

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