Les pompiers luttent contre les reprises de feu dans le Var et en Gironde, situation stable
Des pompiers arrosent de petites reprises de feu dans une forêt près de Blagon, dans le sud-ouest de la France, le 30 juillet 2026. ©ED JONES / AFP

Les pompiers continuaient dimanche de lutter contre les reprises de feu dans le Var et en Gironde, une tâche qui s'annonce longue et laborieuse, même si les zones touchées par les incendies sont restées stables.

Dans le Var, le sinistre qui s'est déclaré vendredi n'est «pas encore fixé et ce n'est pas à l'ordre du jour, tant qu'on aura des points chauds», a prévenu dimanche après-midi le directeur départemental des services d'incendie et de secours, Éric Grohin.

Quant à son extinction, elle constituera «un travail de longue haleine qui va durer plusieurs jours», a-t-il averti.

La vigilance reste de mise pour les soldats du feu: le vent changeant peut atteindre 35 km/h, les températures dépassent parfois 36°C et le taux d'humidité oscille entre 15% et 25%, a souligné le commandant des opérations de secours, le lieutenant-colonel Christophe Pasquini, lors d'un point presse à la mi-journée.

Ce brasier, qui a parcouru environ 1.800 hectares, s'est déclenché au sud d'un autre important incendie, fixé il y a quatre jours près du massif du Gros Bessillon.

Dans ce département habitué aux feux de forêt, environ 6.300 hectares de la «Provence verte», entre la mer Méditerranée et les gorges du Verdon, ont été parcourus par les flammes en douze jours. Quelque 2.500 personnes ont dû être évacuées.

Contraints de rester à domicile depuis deux jours, les habitants des centres de Montfort-sur-Argens et de Correns ont été temporairement déconfinés dans la matinée, avant que la route ne soit de nouveau réservée aux secours «pour ne pas gêner les déplacements», a ajouté Éric Grohin.

Pour les 1.500 pompiers mobilisés sur place, l'objectif est désormais de «rassurer la population» en faisant notamment en sorte qu'aucune nouvelle habitation ne soit détruite, selon le commandant des opérations de secours.

«Violence extrême» à Correns

Dans le village pittoresque de Correns, plus d'une dizaine de maisons ont été détruites par les flammes, selon la mairie.

«Le feu s'est déplacé à une rapidité épouvantable. On voyait les flammes à tous les bouts de rue, c'était très anxiogène», a relaté la maire, Nicole Rullan.

Voitures calcinées, maisons aux vitres fondues, poteaux électriques aux câbles pendants: le passage du feu a laissé un paysage de désolation, ont constaté des journalistes de l'AFP.

«C'est d'une violence extrême. Correns, c'est verdoyant, c'est magique... C'était un jardin d'Éden», se désole un habitant, Pascal Martinez, les yeux embués de larmes, tout en continuant d'éteindre avec des bidons d'eau les fumeroles de son champ d'oliviers réduit en cendres.

Il s'agit du quatrième incendie majeur affronté par les pompiers depuis le 19 juillet dans le centre du Var, territoire de vignes, d'oliveraies et de villages de pierre claire.

Espoir d'un «nouveau départ» à Arcachon

En Gironde, où le mégafeu a ravagé 42.000 hectares en onze jours, la situation demeurait «stable» dimanche matin, selon la préfecture.

Si cet incendie, fixé depuis samedi, «n'évolue plus», il n'est toutefois pas «éteint». Des «reprises de feu à la marge dans les foyers encore actifs» ont été constatées durant la nuit de samedi à dimanche, selon les pompiers.

Dans ce département très dépendant du tourisme, la plupart des habitants évacués ont pu regagner leur domicile, mais certains commerçants s'inquiètent des conséquences des incendies sur leur activité.

À Arcachon, station balnéaire épargnée par les flammes, vacanciers et riverains ont commencé à revenir sur le front de mer. Bruno Spinosa, retraité, dit espérer un «nouveau départ», tout en se déclarant inquiet de voir «des gens qui commencent à faire des pique-niques avec la clope au bec» en pleine période de sécheresse.

Les forêts s'embrasent d'autant plus facilement que la végétation et les sols sont très secs depuis plusieurs mois, un phénomène accentué par le changement climatique et les récentes vagues de chaleur.

Des sapeurs-pompiers ukrainiens, lituaniens et polynésiens sont attendus en renfort en Gironde.

Selon les pompiers, les opérations d'extinction pourraient se poursuivre «jusqu'aux pluies de l'hiver», le feu pouvant couver pendant «plusieurs mois» dans les sols secs et tourbeux. Un phénomène déjà observé après les incendies de 2022, dont certains foyers sont restés actifs pendant deux ans avant d'être définitivement maîtrisés.

AFP

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