En visite à Washington, Zelensky affirme que Poutine n'a plus «l'initiative»
Volodymyr Zelensky affirme que Vladimir Poutine « perd 30.000 soldats par mois » et refuse toujours un cessez-le-feu, tout en renforçant sa coopération militaire avec Washington. ©HANDOUT / UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en visite à Washington mardi, a affirmé dans une interview sur Fox News que «l'initiative n'était plus entre les mains de Poutine» dans la guerre en Ukraine et que le président russe refuse d'arrêter ce conflit où il perd «30.000 soldats par mois».

«Poutine perd 30.000 de ses soldats par mois. (...) C'est beaucoup de pertes, mais il ne veut pas arrêter cette guerre», a-t-il affirmé sur la chaîne américaine.

«Nous demandons d'arrêter cette guerre chaque jour, au minimum pour négocier un cessez-le-feu pour une certaine période, et donner la possibilité aux diplomates de négocier. Mais Poutine ne le veut pas. (...) C'est pourquoi nous devons répondre, être durs, être forts. Pas seulement nous. Nous comptons sur les sanctions», a encore soutenu le président ukrainien.

Parallèlement, M. Zelensky a salué une «bonne rencontre» avec Donald Trump à la Maison Blanche lors de laquelle ils ont évoqué la possibilité pour l'Ukraine de produire des intercepteurs Patriot, vitaux pour la défense antiaérienne de Kiev.

«Le président et moi avons discuté de licences pour la production d'intercepteurs Patriot et d'autres idées qui pourraient aider», a déclaré le président ukrainien sur X après cette réunion à huis clos de près d'une heure dans le Bureau ovale.

«De nombreux sujets ont été abordés. La réunion s'est très bien passée», a commenté Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Début juillet, Donald Trump avait fait part de sa volonté d'autoriser l'Ukraine à produire ces missiles sol-air, au moment où la Russie a intensifié ses frappes.

Avant la réunion, Volodymyr Zelensky avait exprimé sa «priorité absolue»: «la défense contre les missiles balistiques».

Selon l'ONU, juin a été le mois le plus meurtrier pour les civils ukrainiens depuis avril 2022, la Russie ayant multiplié les frappes avec ces missiles difficiles à intercepter.

Seuls les systèmes américains Patriot sont capables de les abattre, mais l'Ukraine manque cruellement des missiles intercepteurs PAC-3. Une pénurie qui s'est aggravée depuis la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l'Iran en février.

Diplomatie à «revivifier»

Moscou entend encore accroître ses attaques en déployant des lanceurs balistiques supplémentaires près de la frontière ukrainienne et attend en août de nouvelles livraisons de ce type en provenance de Corée du Nord, a affirmé à l'AFP un haut responsable ukrainien.

«Il est crucial que Washington autorise l'achat d'un lot de missiles Patriot», a ajouté cette source avant de concéder: «beaucoup dépendra de l'humeur du président Trump».

Rien qu'en juillet, Moscou a lancé 120 missiles balistiques et antinavires à haute vitesse contre l'Ukraine, dont seulement 35 ont été interceptés, selon l'armée de l'air ukrainienne.

À titre de comparaison, la Russie avait tiré entre 250 et 320 missiles balistiques sur l'ensemble de l'année 2024, selon les estimations d'experts.

Des frappes de drones russes ont fait un mort et deux blessés dans la nuit de mardi à mercredi à Kherson, dans le sud de l'Ukraine, ont rapporté les autorités locales, tandis que la Russie a fait état d'une femme tuée et un homme blessé dans une frappe aérienne dans la région de Rostov (sud-ouest) qui borde la mer d'Azov.

Une attaque de drones ukrainiens a également fait six blessés dans la région de Riazan, au sud-est de Moscou, selon le gouverneur local, Pavel Malkov.

«Il est important que le processus diplomatique soit revivifié» pour mettre fin au conflit, a exhorté M. Zelensky sur X.

La rencontre a eu lieu en marge d'un hommage au sénateur Lindsey Graham, mort le 11 juillet, et que le président ukrainien a qualifié mardi de «vrai ami de l'Ukraine».

Les relations entre MM. Zelensky et Trump ont longtemps été tendues, parfois houleuses.

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a en grande partie interrompu les livraisons directes d'armes américaines à Kiev, leur préférant le programme PURL qui permet aux Européens d'en acheter pour les transférer à l'Ukraine.

Sanctions

Au cours d'une réunion restée dans les mémoires, en février 2025, les deux présidents avaient eu une dispute devant les caméras dans le Bureau ovale, Donald Trump accusant alors Volodymyr Zelensky d'ingratitude et de «jouer avec la Troisième Guerre mondiale».

Mais ces dernières semaines, le président américain s'est montré plus complaisant.

À l'occasion de leur dernier entretien début juillet en Turquie, il a estimé que Volodymyr Zelensky faisait «un travail formidable».

Après sa réunion à la Maison Blanche, M. Zelensky s'est adressé aux sénateurs pour les encourager à adopter de nouvelles sanctions contre la Russie auxquelles Donald Trump aurait donné son aval.

Le Sénat a fait progresser ces sanctions mardi soir. Le texte doit désormais faire l'objet d'un vote final devant les sénateurs avant d'être envoyé à la Chambre des représentants qui devra l'adopter à son tour.

Les relations entre Moscou et Washington se sont refroidies ces dernières semaines, après des initiatives américaines qui s'étaient traduites par une rencontre en Alaska entre Vladimir Poutine et Donald Trump en août 2025.

En déplacement à Manille la semaine dernière, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a mis en garde son homologue américain, Marco Rubio, contre la poursuite des livraisons d'armes à l'Ukraine.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire