Les troupes israéliennes ont mené une incursion dans le sud de la Syrie dimanche, selon l'agence de presse officielle Sana, au lendemain d'appels du secrétaire général de l'ONU, en visite à Damas, à respecter la souveraineté du pays.
«Les forces d'occupation israéliennes ont mené, tôt dimanche matin, une incursion dans les villages de Maariya et d'Alanis-Arda», dans la province de Deraa, écrit Sana.
Selon la même source, les soldats, accompagnés de trois véhicules militaires et d'un bulldozer, ont installé un poste de contrôle et largué des tracts dans les localités de la zone appelant les habitants à «ne pas bloquer les routes ou entraver l'avancée» des troupes.
L'agence de presse a aussi signalé des tirs d'artillerie sur des terres agricoles dans la province de Qouneitra.
Après la chute de Bachar al-Assad, renversé fin 2024 par une coalition islamiste, Israël a envoyé des troupes dans la zone tampon contrôlée par les Nations unies sur le plateau du Golan, à la lisière de la partie annexée par l'État hébreu en 1981.
Son armée a aussi mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud.
Arrivé samedi en Syrie, Antonio Guterres a souligné «l'importance du respect total de la souveraineté de la Syrie», déclarant que la situation près du plateau du Golan était «inacceptable».
Le ministre syrien des Affaires étrangères Assaad al-Chaibani a réclamé de son côté un «retrait israélien immédiat et sans condition» du secteur où les forces israéliennes ont avancé.
Le centre syrien Sijil, qui suit les opérations israéliennes en Syrie, avait documenté en juin près de 300 opérations ou violations israéliennes dans les deux provinces de Deraa et Qouneitra, dont 107 incursions et descentes.
Israël s'est emparé de la majeure partie du plateau du Golan lors de la guerre israélo-arabe de 1967, puis a annexé les zones passées sous son contrôle, une décision qui n'a pas été reconnue par une grande part de la communauté internationale.
Malgré les tensions, les deux pays voisins ont tenu depuis fin 2024 plusieurs séries de pourparlers directs en vue de la conclusion d'un accord de sécurité, et sont convenus lors de la dernière réunion en janvier de mettre en place un mécanisme de partage de renseignements.
AFP
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