Le Grand Liban reprend sa place
©Ici Beyrouth

Le président de la République, Joseph Aoun, entame une semaine décisive. Il sera d’abord reçu à la Maison-Blanche, où il représentera le Liban au cœur du principal centre décisionnel mondial, avec les honneurs dus à sa fonction. Il regagnera ensuite le pays pour assister à un événement majeur de la vie ecclésiale: la béatification du patriarche Élias Hoayek. Si cette béatification suscite des lectures divergentes, les uns lui prêtant une portée politique, les autres une dimension exclusivement religieuse, elle revêt avant tout une signification nationale. Élias Hoayek demeure, en effet, l'artisan du Grand Liban, un siècle après la proclamation de cet État.

En l’espace d’une semaine, le Liban sera ainsi au cœur de deux événements majeurs. À travers ces deux rendez-vous, le président de la République établit un lien entre l’action politique et le rôle historique des chrétiens au Liban comme dans l'ensemble de la région. Une démarche qui s'inscrit dans un contexte de profondes mutations, alors que les chrétiens s'interrogent sur leur avenir au Liban et au Moyen-Orient.

Il n’est donc guère surprenant que ces événements se rejoignent. En cette semaine marquée par les fêtes de saint Élie et de saint Charbel, à l’approche de la béatification du patriarche Hoayek, le président de la République se rend à la Maison-Blanche avec la volonté de préserver le Grand Liban. Jadis rempart pour les chrétiens, celui-ci apparaît désormais comme une nécessité également pour les musulmans, au regard des bouleversements démographiques que connaît la région.

Le message que le chef de l'État entend porter dépasse toutefois la seule question des équilibres démographiques ou confessionnels. Il repose sur une vision nationale, fondée sur des principes concrets autour desquels il souhaite construire l'avenir du pays. C'est l'essence du message qu'il véhiculera au président américain.

Les entretiens porteront naturellement sur les grands dossiers du moment: la guerre, le retrait israélien et la question des armes du Hezbollah. Cependant, Donald Trump, chrétien engagé et soucieux du sort des chrétiens d’Orient, comme il l’a affirmé à plusieurs reprises, ne considérera pas cette question comme un sujet secondaire. Il devrait apporter un soutien résolu au président Aoun dans son entreprise de reconstruction de l’État et de préservation de toutes les composantes de la société libanaise.

Ainsi, Joseph Aoun dépasse sa seule fonction de président de la République et son appartenance à la communauté maronite pour incarner un message national aux multiples dimensions, dont l'objectif premier est de préserver le Grand Liban et la vocation qui est la sienne, bien au-delà de ses frontières.

En somme, cette visite ne se limitera pas à une succession d'entretiens diplomatiques, de rencontres protocolaires ou de déclarations officielles. C'est le Liban, fort de son héritage profondément enraciné dans l'histoire de l'Orient, qui sera au cœur de cette rencontre. Les nombreuses convergences qui entourent cet événement constituent autant de signes attestant que les chrétiens demeurent au cœur de l'histoire et de l'avenir de la région.

Commentaires
  • Aucun commentaire