À Washington, Joseph Aoun expose sa feuille de route et plaide pour un soutien accru au Liban
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Le président de la République, Joseph Aoun, a rencontré lundi à Washington des représentants de centres de réflexion américains ainsi que des journalistes influents aux États-Unis et dans la région. Étaient également présents ses conseillers, l’ambassadrice Nada Hamadé Moawad, et l’ambassadeur américain au Liban Michel Issa.

Durant plus d’une heure d’échanges francs et à huis clos, il a présenté sa vision pour le Liban, abordant notamment le retrait israélien, le Hezbollah, le soutien à l’armée et la reconstruction. Objectif : renforcer le soutien politique et institutionnel américain au pays du Cèdre.

Retrait israélien

La question du retrait israélien demeure l’un des principaux dossiers sécuritaires et diplomatiques pour les autorités libanaises. Joseph Aoun aurait insisté sur la nécessité d’un retrait israélien complet du territoire libanais.

Concernant les zones pilotes prévues dans l’accord-cadre dont la mise en place devrait débuter quelques heures avant le sommet à la Maison Blanche, Joseph Aoun aurait indiqué comprendre que leur mise en place devait se faire progressivement.

Il aurait exprimé sa confiance dans le rôle des États-Unis sur ce dossier, notamment après avoir reçu du président Donald Trump l’assurance qu’Israël ne nourrissait pas d’ambitions territoriales au Liban.

Le chef de l’État se serait dit «prêt et déterminé à faire la paix et à conduire le Liban vers une nouvelle étape».

Refus de toute ingérence syrienne

Le président aurait également rejeté toute intervention syrienne dans les affaires intérieures du Liban. Cette position intervient alors que l’administration américaine a envisagé à plusieurs reprises une implication sécuritaire ou militaire de Damas au Liban pour combattre le Hezbollah.

Donald Trump a lui-même publiquement suggéré de laisser la Syrie «s’occuper» du Hezbollah, estimant que les forces syriennes pourraient agir de manière plus précise qu’Israël. Le président américain a renouvelé cette proposition à plusieurs reprises, malgré le refus exprimé par les nouvelles autorités syriennes, qui affirment ne vouloir jouer aucun rôle militaire ou sécuritaire chez leur voisin.

Dans ce contexte, les propos attribués à Joseph Aoun apparaissent comme un rappel du principe selon lequel le rétablissement de l’autorité de l’État et le règlement de la question des armes doivent rester une responsabilité exclusivement libanaise.

Un soutien accru à l’armée

L’armée libanaise est appelée à jouer un rôle central dans toute stratégie visant à rétablir le monopole de l’État sur les armes et la sécurité. Pour rappel, une conférence internationale était prévue au printemps dernier pour donner les moyens à la troupe de désarmer les groupes non étatiques. Une conférence ajournée par le conflit au Moyen-Orient.

Le président aurait également plaidé pour un soutien international massif à l’armée libanaise.

Joseph Aoun, ancien commandant en chef de l’armée qu’il a pu préserver ces dernières années malgré la crise multidimensionnelle qui a frappé le pays, aurait détaillé certains des besoins de l’institution militaire, notamment en matière de blindés légers, de drones et d’autres équipements adaptés à ses missions. Il aurait également insisté sur la nécessité d’assurer le paiement des salaires des militaires.

Dans un contexte de crise économique, le maintien des revenus et des conditions de vie des soldats est considéré comme essentiel pour préserver la cohésion et l’efficacité de l’institution.

Joseph Aoun se serait montré confiant quant à la cohésion de l’armée, affirmant qu’il ne craignait ni son éclatement ni une division de ses rangs. Il aurait également écarté le scénario d’une nouvelle guerre civile.

Ramener les partisans du Hezb dans le giron de l’État

Sur le dossier du Hezbollah, le président aurait estimé que la dimension strictement militaire ne représentait que «10 à 20%» du problème. Le reste relèverait, selon lui, de l’environnement politique et social dans lequel évolue le groupe armé.

La question centrale serait donc de savoir comment «gagner les cœurs et les esprits» des partisans du Hezbollah. Pour y parvenir, Joseph Aoun aurait insisté sur la nécessité de renforcer la présence de l’État dans les régions où il bénéficie d’un important soutien populaire.

Cette présence devrait se traduire par des projets de reconstruction, des infrastructures, des services publics et une aide directe aux populations.

La reconstruction sous l’autorité de l’État

La reconstruction des régions touchées par les affrontements ne constitue pas uniquement un enjeu économique. Elle représente également un défi politique majeur. Les reconstructions post-2006 le prouvent.

Il aurait plaidé pour une gouvernance transparente de la reconstruction, placée sous l’autorité de l’État et reposant sur des mécanismes de contrôle clairs.

Le président aurait souligné qu’elle devait être menée par le gouvernement libanais et non par le Hezbollah.

Joseph Aoun aurait fait part de ses inquiétudes quant à une éventuelle arrivée de fonds iraniens au Hezbollah dans le cadre d’un mémorandum conclu entre Téhéran et Washington.

Selon les participants, il aurait estimé que la principale arme du Hezbollah n’était pas constituée par ses missiles, mais par ses ressources financières.

Cette rencontre, et celle de la veille avec le secrétaire d’État Marco Rubio, s’inscrit dans une démarche plus large visant à préparer le terrain politique avant le sommet à la Maison-Blanche.

En exposant directement sa feuille de route, le président libanais cherche à convaincre les différents acteurs de Washington que le renforcement de l’État, le soutien à l’armée, la reconstruction sous contrôle gouvernemental et le traitement politique et social de la question du Hezbollah constituent les piliers d’une stratégie durable.

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