GB: le nouveau Premier ministre Burnham annonce une mesure de pouvoir d'achat avant de réunir son gouvernement
Le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, et son épouse, Marie-France van Heel, posent sur les marches du 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargés par le roi de former le prochain gouvernement. ©HENRY NICHOLLS / AFP

Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham réunit mardi son gouvernement, expurgé des fidèles de son prédécesseur Keir Starmer, et a annoncé sans attendre une première mesure en faveur du pouvoir d'achat des ménages, avant d'autres attendues dans les prochains jours.

À 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier est devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016, année du Brexit, en succédant lundi à Keir Starmer, démissionnaire après deux ans au pouvoir.

Si l'on retrouve dans les rangs du nouveau gouvernement des figures déjà présentes dans l'équipe de Keir Starmer, des fidèles de l'ex-Premier ministre ont été écartés. Les journaux The Times et The Independent titrent même sur une «purge».

Le Financial Times souligne «la surprise»: l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances.

John Healey, «populaire auprès des syndicats», souligne The Guardian, fait face à une lourde tâche, dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Il devra également orchestrer les mesures de pouvoir d'achat promises par Andy Burnham, qui s'est engagé lundi à apporter aux Britanniques «un peu de répit» face au coût de la vie.

Sans attendre la première réunion du cabinet à la mi-journée, le gouvernement a déjà annoncé dans un communiqué une première mesure: la suppression de la TVA sur l'électricité des ménages à compter du 1er octobre. Elle devrait diminuer la facture d'un ménage moyen d'environ 45 livres (53 euros) par an, selon l'exécutif.

Une décision diamétralement opposée à la suppression d'un chèque énergie pour des millions de retraités, décrétée par Keir Starmer à son arrivée au pouvoir en juillet 2024, et qui avait ensuite plombé son mandat.

Ed Miliband au Foreign Office

Le portefeuille de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d'investissement sur dix ans pour moderniser l'armée britannique.

«Nous veillerons à ce que nos forces armées disposent des ressources nécessaires», a affirmé Wes Streeting dans une publication sur X après sa nomination, revenant sur la question des moyens alloués à la défense, qui avait fragilisé en juin le gouvernement Starmer et accéléré sa chute.

Le nouveau ministre a également assuré l'Ukraine de son soutien, après qu'Andy Burnham s'est entretenu par téléphone avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, mais aussi avec Donald Trump et Emmanuel Macron.

Ed Miliband, chef du Labour entre 2010 et 2015 et ministre sortant de l'Énergie, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est, elle, maintenue à l'Intérieur.

La figure de l'aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

«Changements profonds»

Lundi, dans sa première allocution devant Downing Street, Andy Burnham a promis d'engager «les changements les plus profonds de ces quarante dernières années» au Royaume-Uni, de lui faire retrouver sa «stabilité» et de «redonner de l'espoir».

S'exprimant sans notes ni pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire davantage de logements sociaux et bâtir une «nouvelle économie» dans laquelle les services essentiels seraient davantage contrôlés par l'État.

Il a érigé en priorité le fait de «mettre fin au sans-abrisme», après s'être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe au matin de sa nomination.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé «le roi du Nord», pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et en 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau de l'agglomération de Manchester. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un «N°10 du Nord» à Manchester.

AFP

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