L'insubmersible Argentine de Lionel Messi, astre brillant à 39 ans, entre en collision avec l'indestructible collectif de l'Espagne dans une finale de Coupe du monde aux allures de blockbuster, version guerre des étoiles, dimanche (19h00 GMT) aux portes de New York.
L'Albiceleste et la Roja ont déjoué les embûches du Mondial le plus long de l'histoire, à 48 équipes, en dribblant les fortes chaleurs et les longs déplacements. Mais voilà l'heure de distribuer l'or éternel et les pleurs d'argent, sur la pelouse du MetLife Stadium.
Au sommet, il y aura une deuxième étoile mondiale consécutive à décrocher pour l'Argentine (un doublé inédit depuis le Brésil de 1958-1962) ou un deuxième titre planétaire tout court pour l'Espagne, en salle d'attente depuis le récital d'Andrés Iniesta et Xavi en 2010.
«Ce sera un spectacle grandiose, deux super équipes, avec beaucoup de similitudes, et chacune essaiera d'emmener le match là où ça l'arrange», a anticipé le sélectionneur des champions d'Europe, Luis de la Fuente. «Nous allons profiter de ce moment, avec nos armes et nos qualités, face à un adversaire au parcours spectaculaire».
«L'histoire et la légende»
Côté argentin, en effet, la phase à élimination directe a ressemblé à de véritables montagnes russes émotionnelles, où le vertige de l'élimination n'était jamais très loin contre le Cap-Vert, l'Égypte, la Suisse et l'Angleterre.
Constamment sur un fil, l'équipe au maillot bleu s'en est toujours sortie grâce à un cœur énorme, une résilience inouïe, une pluie de buts tardifs et les prouesses continues de Lionel Messi, artiste funambule et capitaine adoré, héroïque avec ses huit buts et quatre passes décisives.
«Être parvenu à atteindre une finale comme il l'a fait, au moment où il en est, à 39 ans, c'est quelque chose d'incroyable», s'émerveille Lionel Scaloni, son sélectionneur. «L'histoire et la légende, c'est lui et tout ce groupe de joueurs qui nous ont fait vivre des années merveilleuses».
Car Messi ne marche jamais seul. Il est entouré d'un commando de dix coéquipiers prêts à se sacrifier pour lui, et d'une armée encore plus nombreuse et tout aussi fidèle de fervents supporters.
«Je ne vais pas dire qu'on est invincibles, mais il est très difficile de nous battre. Pourquoi? Parce que le défi n'est pas de battre l'Argentine. Il faut tuer les onze joueurs sur le terrain et leur casser les jambes, et je ne pense pas que quelqu'un en soit capable cette année», a crûment résumé Benito Abbiati, un supporter de 22 ans interrogé par l'AFP.
Élan époustouflant
Pourtant, s'il y a une équipe en capacité de les stopper, c'est bien l'Espagne.
La Roja est redevenue un monstre d'efficacité qui avale tout sur son passage, comme la France de Kylian Mbappé l'a constaté, avec impuissance, en demi-finale (2-0). Elle n'a encaissé qu'un seul but dans cette Coupe du monde, en quarts, marqué par le Belge Charles De Ketelaere (2-1).
Le gardien Unai Simon n'a pas souvent l'occasion de briller, puisque ses garde du corps en défense centrale (Laporte-Cubarsi) et au milieu (Rodri-Pedri ou Ruiz) empêchent les adversaires de s'approcher.
Les latéraux Marc Cucurella et Pedro Porro jouent leur partition à merveille, Dani Olmo est un merveilleux chef d'orchestre en N.10, Mikel Oyarzabal s'épanouit en pointe et la jeune vedette Lamine Yamal, à 19 ans, attire le regard et les défenseurs adverses dans son couloir droit.
Cette concentration de talents au mètre carré s'accompagne d'un équilibre collectif quasi-parfait, sous la baguette de Luis de la Fuente, véritable force tranquille.
L'Espagne aborde la finale de dimanche avec un élan époustouflant: 38 matches officiels sans défaite, une série débutée en juin 2023 et qui inclut la finale de Ligue des nations perdue en 2025 contre le Portugal aux tirs au but (comptabilisée comme un match nul).
«Nous n'avons pas tant de faiblesses que ça», a résumé Rodri.
AFP

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