Lecornu à Rabat pour concrétiser le rapprochement franco-marocain
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu (à gauche) et son homologue marocain Aziz Akhannouch posent lors de leur rencontre à Rabat, le 16 juillet 2026. ©Abdel Majid Bziouat / AFP

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a entamé jeudi une visite à Rabat pour concrétiser le rapprochement initié par Emmanuel Macron et le roi Mohammed VI, dont une visite à Paris est à l'étude.

Les relations franco-marocaines sont au beau fixe depuis que le chef de l'État français a reconnu, à l'été 2024, la souveraineté marocaine sur le territoire disputé du Sahara occidental, suscitant la colère d'Alger.

Emmanuel Macron avait ensuite été reçu en grande pompe à Rabat en octobre de la même année, mettant un terme à trois années de tensions, nourries en partie par des soupçons d'espionnage et une crise des visas.

Ce déplacement s'était conclu par de nombreux contrats et la signature d'un «partenariat renforcé d'exception».

Jeudi, ces soupçons ont été relancés par la publication par un consortium de médias internationaux, dont Le Monde, France Inter et Forbidden Stories, de nouvelles enquêtes sur l'ampleur présumée de l'espionnage mené par le Maroc à l'aide du logiciel Pegasus, et l'étude par la France de son acquisition.

Et si les deux chefs de gouvernements devaient initialement tenir un point presse à l'issue de leur journée, celle-ci a finalement été ramenée à de simples déclarations à la presse, sans possibilité de questions.

En 2021, le Maroc avait été accusé d'avoir utilisé le logiciel espion israélien pour infiltrer les téléphones de plusieurs personnalités nationales et étrangères, dont le président français ou Sébastien Lecornu, alors ministre, d'après ce même consortium.

Rabat a toujours catégoriquement démenti des «allégations mensongères et infondées».

Interrogés sur ces nouvelles révélations, l'entourage du chef du gouvernement et le Quai d'Orsay n'ont fait aucun commentaire.

«Notre objectif, c'est de renforcer le cadre de coopération et de confiance avec les Marocains», a réagi jeudi l'entourage du président français.

RER à Rabat

Dans un message au président français relayé par l'agence officielle marocaine MAP à l'occasion du 14-Juillet, fête nationale française, le roi du Maroc a salué la «consolidation» des «relations privilégiées» entre les deux pays.

Un partenariat qui pourrait déboucher sur une visite du monarque en France, même si aucune date n'a encore été fixée.

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu et un représentant du gouvernement marocain se sont rendus jeudi matin au mausolée royal pour un dépôt de gerbes sur les tombes des rois Mohammed V et Hassan II, avant un entretien entre M. Lecornu et son homologue Aziz Akhannouch qui a démarré vers 09H00 (08H00 GMT).

Accompagné de douze ministres, dont celui des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, M. Lecornu a été accueilli mercredi soir à l'aéroport de Rabat-Salé avec les honneurs militaires par M. Akhannouch et plusieurs membres de son gouvernement.

Après l'échange bilatéral, les deux hauts responsables présideront une 15e «rencontre de haut niveau» entre leurs délégations, une instance de dialogue qui ne s'était pas réunie depuis 2019.

Avec à la clef la signature d'une quinzaine d'accords dans les domaines économique, sécuritaire, migratoire et de défense, selon une source diplomatique.

Les accords signés concerneront notamment la création d'une ligne RER (Réseau express régional) à Rabat, ainsi qu'un projet d'interconnexion électrique entre les deux pays.

Dans la défense, Paris et Rabat vont étudier des partenariats dans l'armement.

Le Maroc est désormais devenu la priorité de la diplomatie française au Maghreb, Paris ne cherchant plus à préserver à tout prix un équilibre avec Alger.

Au moment où les rapports avec l'Algérie sont fragiles, «Emmanuel Macron, qui est en fin de mandat, ne veut pas rester sur un échec au Maghreb» et il se «tourne résolument vers le Maroc», avance l'historien Pierre Vermeren.

Sur l'épineux dossier sécuritaire au Sahel, où les deux partenaires font face à la menace jihadiste, Paris semble vouloir s'appuyer désormais davantage sur son partenaire marocain alors qu'Alger reste avare de renseignements, malgré la reprise de la coopération franco-algérienne.

AFP

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