La France passe sans trembler
Mbappé attaque, Hakimi subit: image forte du quart. ©AFP

La France a dominé le Maroc 2-0, jeudi à Foxborough, et rejoint les demi-finales de la Coupe du monde pour la troisième édition consécutive. Longtemps tenue par Bounou et par son propre manque de finition, elle a fait sauter le verrou en six minutes: Mbappé à la 60e, Dembélé à la 66e. Un match maîtrisé, sans panique, avec un bloc bleu de plus en plus dur à bouger.

La France n’a pas tremblé. Elle a contrôlé. Le Maroc a résisté une heure, porté par Bounou et par un bloc très bas, mais il n’a jamais vraiment pu installer son plan. Les Lions voulaient ralentir le tempo, fermer l’axe, sortir en transition et trouver Hakimi ou Brahim Diaz dans les couloirs. Les Bleus ont coupé les circuits, verrouillé les pertes et imposé leur volume.

Les chiffres résument le quart: 22 tirs français contre 5 marocains, 8 cadrés contre 1, 3,04 expected goals contre 0,14. La possession a été presque équilibrée, mais la menace ne l’a jamais été. Le Maroc a parfois gardé le ballon pour respirer. La France, elle, l’a utilisé pour avancer.

Bounou retarde l’échéance

Le premier acte a longtemps tourné autour du gardien marocain. Bounou a repoussé une tentative de Mbappé, une tête d’Upamecano, puis une frappe de Doué. Il a surtout arrêté le penalty de Mbappé à la 28e minute, après une longue attente qui a sorti le capitaine français de sa routine.

Ce raté aurait pu ouvrir une zone de doute. Il a surtout confirmé la maturité française. Les Bleus n’ont pas forcé n’importe comment. Ils ont continué à presser à mi-terrain, à enfermer les sorties marocaines et à empêcher les Lions de lancer leurs transitions. Digne a même trouvé la barre juste avant la pause.

Doué, choix payant

Didier Deschamps avait choisi Désiré Doué à gauche plutôt que Bradley Barcola. Le match lui a donné raison. Doué a perdu des ballons, mais il a mis de l’impact, du pressing et de la percussion. Sa récupération sur Hakimi amène le penalty. Son ballon gratté sur Bouaddi crée une autre situation. Et surtout, il sert Mbappé sur l’ouverture du score.

Dans ce type de match, Doué apporte ce qui compte: du déséquilibre, du contre-pressing, des courses intérieures. Il a obligé Hakimi à défendre bas. Barcola, entré ensuite, a profité d’un couloir déjà usé et d’un Maroc obligé de sortir.

Mbappé rate, puis tranche

Mbappé n’a pas tout réussi, mais il a encore changé le match. À la 60e minute, il reçoit côté gauche, fixe Issa Diop, ouvre son pied droit et enroule dans le petit filet opposé. Bounou ne peut plus rien. Le verrou saute.

Son huitième but dans ce Mondial remet la France dans sa zone de confort. À 1-0, le Maroc doit avancer. Les espaces s’ouvrent. Le match bascule. Mbappé rejoint Messi en tête du classement des buteurs et dépasse la barre des 100 implications directes en équipe de France. Sa sortie à la 77e, après un choc à la cheville, a inquiété, mais son attitude au coup de sifflet final a plutôt rassuré.

Dembélé tue le quart

Six minutes après Mbappé, Dembélé ferme le match. Sa première période avait été brouillonne, avec du déchet dans le un contre un. Mais il est resté actif, disponible, agressif à la perte. À la 66e, il attaque l’axe, déclenche du droit et bat Bounou, pas irréprochable sur le coup.

Dembélé en est désormais à cinq buts dans le tournoi. Avec Mbappé à huit, la France dispose de deux finisseurs au-dessus du seuil des cinq buts dans une même Coupe du monde. Cela dit beaucoup de son potentiel offensif: les Bleus ne vivent pas seulement sur leur capitaine.

Koné verrouille, la défense confirme

Le vrai socle français a aussi été défensif. Koné a livré un match de très gros volume: pressing, retours, duels, couverture des zones intérieures. Il a étouffé El-Aynaoui et coupé plusieurs sorties marocaines. Rabiot a été moins propre avant la pause, mais plus utile dans l’équilibre après.

Derrière, Saliba et Upamecano ont contrôlé l’axe. Peu de profondeur concédée, peu de duels perdus, peu de panique. Digne a fermé son couloir après une entame délicate face à Brahim Diaz. Koundé a joué sobre, d’abord en défenseur. C’était le bon registre.

La France signe un troisième clean sheet consécutif en phase à élimination directe. Pour une équipe alignée en 4-2-3-1 très offensif, c’est le signal le plus important: l’ambition devant ne casse pas l’équilibre derrière.

Le Maroc trop court

Le Maroc sort sans avoir explosé, mais sans avoir vraiment menacé. Bounou a longtemps maintenu l’équipe dans le match. Ounahi a parfois tenté de casser une ligne. Mais Hakimi a été contenu, Brahim Diaz trop intermittent, El-Khannouss isolé, Talbi invisible. L’entrée de Rahimi intervient juste après l’ouverture du score, trop tard pour changer la dynamique.

Les Lions ont défendu, couru, résisté. Ils n’ont pas eu assez de sorties propres ni assez de présence dans les trente derniers mètres pour faire reculer la France. Leur plan reposait sur la transition; les Bleus ont supprimé la transition.

Une vraie équipe de tournoi

La France n’a pas produit un récital. Elle a produit un match de tournoi. Dominer sans se désorganiser. Rater sans paniquer. Marquer sans se découvrir. Gérer sans subir.

Il reste du déchet offensif, une efficacité à améliorer et une alerte Mbappé à surveiller. Mais les bases sont fortes: bloc compact, pressing coordonné, charnière solide, banc utile, plusieurs déclencheurs devant.

Les Bleus avancent en demi-finales pour la troisième Coupe du monde consécutive. Le Maroc a tenu une heure. La France a attendu l’ouverture. Puis elle a fermé le match.

 

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