Le président syrien de transition, Ahmed al-Chareh, a nommé mercredi 70 nouveaux membres du Parlement de transition, «complétant» ainsi sa formation. Le nouveau Parlement a désormais un mandat de 30 mois renouvelable pour notamment rédiger une nouvelle Constitution pour le pays, conformément à la déclaration constitutionnelle de transition promulguée le 13 mars 2025 par M. Chareh après sa prise de pouvoir.
Le Parlement, qui compte 210 membres, fonctionne depuis la déclaration constitutionnelle de transition sur le principe des deux tiers/un tiers. Un tiers (70 sièges) est nommé par le président et les deux tiers restants (140 sièges) sont nommés par des collèges électoraux régionaux.
Ces derniers ont été formés indirectement par le nouveau président. En effet, Ahmed al-Chareh a établi un haut comité des élections, qui a lui-même ensuite nommé des sous-comités régionaux dans chaque district de Syrie. Ce sont ensuite ces sous-comités régionaux qui ont désigné les membres des collèges électoraux (environ 7000 grands électeurs au total).
Un Parlement pas tout à fait complet
La grande majorité des 140 sièges (119) a été pourvue le 5 octobre 2025, mais certains sièges sont restés vacants, notamment dans les régions alaouites, druzes et kurdes. Ils ont ensuite été progressivement désignés, notamment le 24 mai pour les zones kurdes. Des partis kurdes ont alors dénoncé «un processus de nomination» qui ne reflète pas la «volonté libre des Kurdes», et une représentation jugée insuffisante.
Il reste cependant encore quatre sièges vacants correspondant à des zones spécifiques comme Soueïda, qui échappe au contrôle effectif du nouveau pouvoir. Mais, malgré ces sièges vacants, la Haute commission électorale a validé la structure du Parlement car le quorum légal est largement dépassé.
Le Parlement tiendra sa première réunion le 6 juillet, a annoncé le président de la Haute commission électorale Mohammad Taha al-Ahmad, lors d'une conférence de presse au siège de l'Assemblée à Damas.
Qui sont les nouveaux nommés?
Parmi les 70 députés nommés mercredi figurent 15 femmes, dont Rouzaina Lazkani, actrice du petit écran, et Aïcha al-Debs, première femme à avoir été nommée à un poste public après la prise de pouvoir de la coalition islamiste.
Ces nominations sont probablement des tentatives de réponse aux critiques des organisations de la société civile qui avaient relevé une représentation insuffisante des composantes ethniques et religieuses du pays, ainsi que des femmes.
La liste inclut aussi Anas al-Abdé, ancien chef de l'opposition en exil, et 13 anciens détenus des prisons de Bachar al-Assad, dont Hassan Soufan, un ancien islamiste.
Ahmed al-Chareh a également institué deux personnes de Soueïda, dont Laith al-Balaous, proche des autorités et contesté par les groupes locaux armés opposés au régime.
En l’absence de véritables élections, prévues selon la déclaration constitutionnelle de transition au bout de cinq ans, le nouveau Parlement peine ainsi à assurer une représentativité de l’ensemble des composantes de la société syrienne. Et la concentration des pouvoirs dans les mains du président, qui nomme directement et indirectement l’ensemble du Parlement, donne peu d’espoir pour l'avenir d’une potentielle transition. En l’absence d’évolutions significatives, le nouveau Parlement devrait donc devenir, comme son prédécesseur, une simple chambre d’enregistrement du pouvoir.



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