Soleil, enfants, seniors: l’été libanais sous surveillance
Prévention solaire au Liban: enfants et seniors en première ligne ©Ici Beyrouth

Au Liban, l’été expose fortement la peau: plage, piscine, montagne, terrasses, sport et longues heures en extérieur. Mais la prévention solaire reste souvent réduite à un simple tube de crème. Chez les enfants, les adultes et les personnes âgées, les ultraviolets peuvent provoquer coups de soleil, déshydratation, photovieillissement, taches pigmentaires, lésions précancéreuses et cancers cutanés. Le bon réflexe n’est pas d’éviter toute vie au soleil, mais de réduire l’exposition à risque.

Le coup de soleil n’est pas un «bon bronzage». C’est une brûlure inflammatoire de la peau, provoquée surtout par les UVB. Elle se manifeste par une rougeur, une douleur, une chaleur locale, parfois des cloques, de la fièvre, des frissons ou une fatigue importante. Chez l’enfant, elle doit être prise particulièrement au sérieux: les coups de soleil répétés pendant l’enfance augmentent le risque de cancers cutanés à l’âge adulte.

Au Liban, la prévention solaire a une importance particulière. L’été combine forte luminosité, chaleur humide sur le littoral, exposition prolongée à la plage ou en piscine, réverbération sur l’eau et le sable, et culture du bronzage encore très présente. Or, médicalement, le bronzage est déjà une réaction de défense de la peau face aux ultraviolets.

UVA, UVB: deux rayonnements, plusieurs risques

Les UVB agissent surtout en surface. Ils sont les principaux responsables du coup de soleil, de l’érythème solaire et d’une partie des lésions de l’ADN cellulaire. Les UVA pénètrent plus profondément dans le derme. Ils contribuent au photovieillissement, aux rides, aux taches brunes, au mélasma, à l’altération du collagène et au risque de cancers cutanés.

C’est pourquoi une protection solaire doit être «large spectre», c’est-à-dire efficace contre les UVA et les UVB. Une crème qui protège seulement contre la brûlure ne suffit pas si elle ne couvre pas correctement les UVA.

Les nuages, le vent ou l’ombre partielle peuvent aussi tromper. On peut brûler sans sensation de forte chaleur. L’eau, le sable, le béton clair et les surfaces réfléchissantes augmentent l’exposition. Même sous parasol, une partie des UV atteint encore la peau par réverbération.

SPF ou FPS: ce que l’indice veut dire

Le SPF, ou FPS en français, correspond au facteur de protection solaire. Il mesure surtout la protection contre les UVB responsables du coup de soleil. Un SPF 30 bien appliqué filtre environ 97% des UVB; un SPF 50 environ 98%. La différence existe, mais elle ne signifie pas qu’un SPF 50 permet de rester indéfiniment au soleil.

Le problème vient souvent de l’usage. Beaucoup appliquent trop peu de produit, trop tard, oublient certaines zones ou ne renouvellent pas l’application après baignade, transpiration ou essuyage. Dans ces conditions, la protection réelle est bien inférieure à celle affichée sur l’emballage.

Pour une exposition estivale au Liban, surtout à la plage ou en piscine, il faut privilégier une protection large spectre, SPF 30 au minimum, SPF 50 pour les enfants, les peaux claires, les antécédents dermatologiques, les personnes âgées ou les expositions prolongées. La crèmeier une protection large spectre, SPF 30 au minimum, SPF 50 pour les enfants, les peaux claires, les antécédents dermat solaire complète l’ombre, les vêtements, le chapeau et les lunettes; elle ne les remplace pas.

Enfants: la règle la plus stricte

Chez l’enfant, la photoprotection doit être rigoureuse. Les bébés ne doivent pas être exposés directement au soleil. Pour les plus grands, la priorité reste d’éviter les heures de fort rayonnement, généralement de la fin de matinée au milieu de l’après-midi, surtout lorsque l’indice UV est élevé.

Les bons gestes sont simples: ombre, chapeau à larges bords, lunettes filtrant les UV, vêtements couvrants ou anti-UV, crème SPF 50 sur les zones découvertes, hydratation régulière et pauses fréquentes. Les épaules, la nuque, les oreilles, le dos des pieds, les lèvres et le cuir chevelu sont souvent oubliés.

À la plage, l’enfant alterne baignade, sable, transpiration et frottement de serviette. La crème doit donc être renouvelée régulièrement. Une seule application le matin ne protège pas toute la journée. Un enfant rouge le soir n’a pas «pris des couleurs: il a subi une brûlure.

Adultes: attention au faux sentiment de sécurité

Chez l’adulte, le risque vient souvent de la banalisation: bronzage recherché, application insuffisante, exposition prolongée, sports nautiques, marche en montagne, déjeuner au soleil ou conduite bras exposés. Les peaux mates brûlent moins vite que les peaux très claires, mais elles ne sont pas invulnérables. Elles peuvent aussi développer photovieillissement, taches pigmentaires, mélasma et cancers cutanés, parfois diagnostiqués plus tard.

Certaines situations imposent une prudence accrue: antécédent personnel ou familial de cancer cutané, nombreux grains de beauté, immunodépression, greffe d’organe, traitements immunosuppresseurs, maladies dermatologiques, cicatrices récentes, actes esthétiques récents ou traitements photosensibilisants.

Certains antibiotiques, anti-inflammatoires, rétinoïdes, diurétiques ou traitements dermatologiques peuvent augmenter la sensibilité au soleil. En cas de doute, l’avis du médecin ou du pharmacien est utile.

Personnes âgées: peau fragile, chaleur et traitements

Chez la personne âgée, le soleil pose un double problème: cutané et général. La peau est plus fine, plus sèche, moins réparatrice, souvent marquée par des années d’exposition. Les kératoses actiniques, petites lésions rugueuses liées aux UV, doivent être surveillées car elles peuvent évoluer vers un carcinome épidermoïde.

Le risque de déshydratation et de coup de chaleur est également plus élevé. La sensation de soif diminue avec l’âge, la thermorégulation est moins efficace, et certains médicaments favorisent hypotension, malaise ou déshydratation. Fatigue inhabituelle, confusion, vertiges, crampes, nausées, céphalées ou somnolence après exposition doivent alerter.

Pour les personnes âgées, l’objectif est clair: exposition courte, heures modérées, hydratation régulière, chapeau, vêtements légers couvrants, lunettes UV et surveillance des signes de malaise.

Quelles complications à long terme?

L’exposition solaire répétée peut entraîner photovieillissement, rides précoces, lentigos solaires, mélasma, kératoses actiniques et cancers cutanés.

Les carcinomes basocellulaires sont les plus fréquents. Ils évoluent souvent lentement, mais peuvent détruire localement la peau s’ils sont négligés. Les carcinomes épidermoïdes sont aussi liés à l’exposition chronique aux UV et peuvent être plus agressifs dans certaines situations. Le mélanome est moins fréquent, mais plus dangereux en raison de son potentiel métastatique.

Les signes à ne pas négliger sont connus: grain de beauté qui change, lésion asymétrique, bords irréguliers, couleur hétérogène, augmentation de taille, saignement, plaie qui ne guérit pas, croûte persistante ou tache nouvelle qui évolue. Toute lésion cutanée qui change ou persiste doit être montrée à un dermatologue.

Plage, piscine: le contexte libanais

Même recentrée sur le soleil, la prévention estivale au Liban ne peut pas ignorer le lieu d’exposition. À la plage, les UV sont renforcés par la réverbération sur l’eau et le sable. En piscine, la baignade répétée, le chlore, la transpiration et l’essuyage diminuent la protection solaire réelle.

La qualité de l’eau compte aussi. Le littoral libanais n’est pas homogène: certaines zones sont plus exposées aux eaux usées, aux embouchures, aux rejets urbains, aux ports ou aux déchets. Les travaux de surveillance côtière ont montré un contraste entre les zones fortement urbanisées, notamment autour de Beyrouth, et certaines réserves plus préservées. Pour la baignade, le risque le plus immédiat reste souvent bactériologique: gastro-entérites, otites, conjonctivites ou infections cutanées après exposition à une eau contaminée.

La piscine n’est pas automatiquement plus sûre. Une eau claire ou fortement chlorée ne garantit pas l’absence de risque. Le chlore réduit la contamination, mais ne neutralise pas tous les germes immédiatement. Les petits bassins très fréquentés, les piscines mal filtrées ou les sanitaires négligés doivent inciter à la prudence.

Un réflexe de santé publique

La prévention solaire ne doit pas être un discours saisonnier répété chaque été puis oublié. Au Liban, elle concerne les familles, les écoles, les clubs, les plages, les piscines et les professionnels de santé. Elle commence par une idée simple: la crème solaire est utile, mais elle ne suffit pas.

Protéger la peau, c’est réduire la dose d’UV reçue tout au long de la vie. Chez l’enfant, c’est prévenir les brûlures qui pèseront plus tard. Chez l’adulte, c’est limiter le photovieillissement et les lésions cutanées. Chez la personne âgée, c’est éviter les complications d’une peau déjà fragilisée.

L’été libanais peut rester un temps de mer, de piscine et de soleil. Mais il doit aussi devenir un temps de photoprotection intelligente: moins de brûlures, moins d’expositions inutiles, plus d’ombre, plus de vigilance et une meilleure culture du risque solaire.

 

Bien se protéger du soleil

  • Choisir une protection large spectre UVA/UVB: SPF 30 au minimum, SPF 50 pour les enfants, les peaux claires, les personnes âgées ou les expositions prolongées.
  • Appliquer en quantité suffisante sur toutes les zones exposées: visage, oreilles, nuque, épaules, dos des pieds, lèvres, cuir chevelu dégarni. Renouveler après baignade, transpiration ou essuyage.
  • Éviter l’exposition prolongée entre la fin de matinée et le milieu de l’après-midi. Privilégier l’ombre, les vêtements couvrants, le chapeau à larges bords et les lunettes filtrant les UV.
  • Ne pas exposer directement les bébés. Chez l’enfant, associer vêtements anti-UV, ombre, hydratation régulière et SPF 50.
  • Chez les personnes âgées, limiter la durée d’exposition, faire boire régulièrement et surveiller vertiges, confusion, crampes, fatigue inhabituelle ou malaise.
  • Consulter en cas de coup de soleil étendu, cloques, fièvre, malaise, vomissements, confusion, brûlure chez un jeune enfant ou lésion cutanée qui change d’aspect.
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