Le pétrole monte légèrement, guette la pause des hostilités au Moyen-Orient
Un homme passe devant un panneau d'affichage électronique indiquant les taux de change entre le yen et les principales devises mondiales, notamment le taux par rapport au dollar américain (en haut à gauche), dans une rue de la ville. ©Kazuhiro Nogi / AFP

Les prix du pétrole montent légèrement lundi, tempérant leurs gains alors qu'Iran et États-Unis se sont entendus pour suspendre mutuellement leurs récentes attaques et poursuivre leurs pourparlers, tandis que les Bourses asiatiques restent prudentes après avoir été bousculées par les valeurs tech.

Le pétrole nerveux surveille le Moyen-Orient

Les cours du pétrole renouent avec une certaine nervosité, alors que le contrôle du stratégique détroit d'Ormuz reste au cœur des différends entre Téhéran et Washington, qui s'accusent mutuellement de violations du cessez-le-feu.

Les deux camps ont fini par signer le 17 juin un protocole d'accord. Mais l'Iran n'autorise cependant qu'un seul couloir de passage le long de ses côtes, et menace de s'en prendre à tout navire contrevenant à travers Ormuz, détroit où passait avant le conflit un cinquième du pétrole mondial.

Depuis jeudi, deux navires ont été touchés par des projectiles d'origine inconnue - des attaques attribuées à Téhéran par l'armée américaine qui a riposté deux jours de suite en bombardant l'Iran.

Téhéran a de son côté répliqué en tirant missiles et drones vers ses voisins du Golfe.

Pour autant, les États-Unis et l'Iran vont suspendre mutuellement leurs attaques et prévoient de poursuivre leurs pourparlers malgré la récente reprise des hostilités, a indiqué à l'AFP un responsable américain dimanche soir.

De quoi modérer un peu la hausse des cours du pétrole après un net rebond en début d'échanges asiatiques.

Vers 03H00 GMT, le prix du baril de WTI nord-américain prenait 1,00% à 69,92 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, s'appréciait de 0,51% à 72,36 dollars.

Bourses prudentes, la tech en vedette à Séoul

Vers 02H30 GMT à la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei lâchait 0,70% à 68.869 points, et l'indice élargi Topix était stable à 3.960 points.

Après «une série d'attaques réciproques entre les États-Unis et l'Iran au cours du week-end (...) aux premières heures de lundi, certains médias ont rapporté que les deux pays avaient convenu de cesser leurs attaques mutuelles», notent les analystes du courtier Monex Securities.

«Des pourparlers concernant le détroit d'Ormuz devraient également se tenir au Qatar le 30, et l'espoir d'une détente au Moyen-Orient semble toujours soutenir le marché», ajoutaient-ils.

À Séoul vers 03H00 GMT, l'indice Kospi perdait 1,38%, dans un marché suspendu une fois encore aux valeurs tech après les montagnes russes de la semaine dernière.

Les champions des puces mémoires Samsung Electronics et SK hynix s'apprêtent à annoncer d'importants plans d'investissement pouvant dépasser 1.300 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, selon la presse locale.

La méfiance reste cependant de mise alors que les valeurs tech à Wall Street comme en Asie ont récemment connu un vif accès de faiblesse sur fond de craintes de valorisations excessives.

La Banque des règlements internationaux (BRI), institution considérée comme la banque centrale des banques centrales, a identifié dans son rapport annuel les risques associés au boom des investissements de l'intelligence artificielle, notamment celui d'une correction sur les marchés.

À contrario, la Bourse de Taipei gagnait 1,41%, Sydney 0,23%, et l'indice hongkongais Hang Seng 1,66%.

Stabilisation du yen

La monnaie japonaise était stable vers 03H00 GMT, à 161,79 yens pour un dollar.

Elle avait glissé la semaine dernière à 161,95 yens, tutoyant un niveau jamais vu depuis décembre 1986, avivant les spéculations sur une possible intervention des autorités nippones sur le marché des changes pour soutenir leur devise.

La récente glissade est notamment alimentée par le renforcement du dollar, l'écart entre taux d'intérêts japonais et américains pesant sur le yen avec la perspective de durcissements monétaires de la Réserve fédérale américaine (Fed).

«Depuis la réunion de la Fed du 18 juin, le discours dominant sur les marchés mondiaux table sur un maintien prolongé des taux américains à un niveau élevé, ce qui continue de peser sur les devises asiatiques», observe Lloyd Chan, de MUFG.

«Sous la direction de son nouveau président, Kevin Warsh, la Réserve fédérale a adopté une orientation plus restrictive, signalant une volonté accrue de contenir l'inflation (...) Le potentiel de baisse du dollar devrait demeurer limité», insiste-t-il.

AFP

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