Les Libanais de Paris vont-ils se rendre au pays du Cèdre cet été?
©Ici Beyrouth

La situation actuelle au Liban va-t-elle dissuader les Libanais de Paris de se rendre au pays du Cèdre pendant les vacances d’été ? Ici Beyrouth fait le point.

L’été est une période importante pour le Liban. C’est d’ordinaire à ce moment – mais aussi lors des vacances de Noël – que les Libanais de la diaspora rentrent au pays, auprès de leurs proches restés sur place. Ils participent, dans le même temps, à la vie économique du pays…utile en période de crise.

Mais voilà, depuis le 2 mars dernier, le Liban est (une nouvelle fois) en proie à un conflit qu’il n’a (une nouvelle fois) pas voulu ni choisi, entre le Hezbollah et Israël.

Depuis le 2 mars, et le déclenchement de la guerre par la milice chiite pro-Iran, les hostilités se concentrent principalement dans le sud et l’est du Liban, et menace également le patrimoine historique libanais, notamment celui de Tyr. Les frappes israéliennes de représailles ont déjà fait, selon les autorités libanaises, plus de 4 100 morts. Elles ont également fait plus d’un million de déplacés. Des chiffres qui pourraient et/ou devraient malheureusement augmenter si les hostilités se poursuivent. L’armée israélienne occupe par ailleurs une partie du sud-Liban.

Dans ce contexte, et à l’approche de la saison estivale, les Libanais de Paris se rendront-ils au pays du Cèdre pour les vacances ?

Pour Christian, contacté par Ici Beyrouth, le voyage est prévu depuis plusieurs mois, lui qui a dit avoir «l’habitude d’y aller tous les étés», tout en «variant» un peu les destinations. Il explique par ailleurs ne pas «forcément» craindre la situation sur place, indiquant être «dans la partie chrétienne vers les hauteurs de Beyrouth», indique-t-il.

Même son de cloche du côté de Mark, qui lui, explique aller au Liban deux fois par an : «deux à trois mois en été, et un mois en hiver », et qui compte y aller cet été également. En ce qui concerne la situation, il indique ne pas être vraiment inquiet. «Certaines régions demeurent épargnées du conflit en cours entre Israël et le Hezbollah. Et puis, avec le début des liaisons commerciales depuis le port de Jounieh, et l'ouverture imminente de l'aéroport de Qlayaat au Nord-Liban, c'est une nouvelle ère qui s'annonce pour les habitants de ces régions, où le Hezbollah n'a quasiment aucune emprise».

«Peur que les événements se dégradent» 

Il y a cependant, de l’autre côté, celles et ceux qui choisissent de ne pas se rendre au pays du Cèdre cet été ou qui hésitent à s’y rendre, compte tenu, notamment, de la situation sur place.

Mireille indique ne pas se rendre au Liban cet été. Aline, quant à elle, confie : «cela fait 24 ans que nous avons quitté le Liban. J’y allais avec mes trois filles tous les étés. On y passait les deux mois de vacances. On y allait aussi en hiver, à Noël ou bien en février. Mais cet été, malheureusement, nous n’y allons pas», expliquant que «la situation générale ne le permet pas». Et même si Aline indique habiter une «région stable et paisible (…) nous avons peur que les événements se dégradent, que les vols s’annulent et que nous soyons bloquées au Liban».

Elle met par ailleurs en avant la problématique des prix élevés des billets d’avion pour se rendre au Liban. «J’ajoute à cela le coût des billets pour une famille de quatre adultes. La Middle East Airlines fixe un coût très élevé et toutes les autres compagnies la suivent. Aller au Liban est devenu un luxe que toutes les familles et les jeunes étudiants ou jeunes travailleurs ne peuvent plus s’offrir.».

Une Libanaise contactée par Ici Beyrouth et ayant requis l’anonymat indique pour sa part avoir l’habitude d’y aller tous les ans, mais que pour cet été, «j'ai réservé, mais vu la situation critique, en effet, je ne suis pas sûre d’y aller».

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