Au Liban, le cannabis fait la loi dans les champs
©Ici Beyrouth

Selon les données du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), la production agricole libanaise a atteint 2,9 milliards de dollars en 2025, dont 2,03 milliards pour la production végétale (70 %) et 865,3 millions pour la production animale (30 %).

Le chiffre de la semaine met en lumière le poids exceptionnel du cannabis dans cette production. Avec une valeur estimée à 846 millions de dollars, cette culture représente à elle seule 41,6 % de la production végétale totale, soit davantage que l'ensemble des arbres fruitiers, dont la valeur est estimée à 650,5 millions de dollars (32 %).

Loin derrière suivent les légumes et fleurs avec 272,7 millions de dollars (13,4 %), les cultures industrielles avec 130,5 millions (6,4 %) et les grandes cultures avec 129,6 millions (6,4 %). Les produits forestiers demeurent marginaux avec 3,5 millions de dollars (0,2 %).

 

Le cannabis, la croissance la plus rapide

Au-delà de son poids actuel, le cannabis affiche également la croissance la plus rapide du secteur agricole. Entre 2020 et 2025, sa valeur a progressé à un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 95,4 %, largement supérieur à celui des autres filières.

Ces chiffres montrent que la croissance agricole observée ces dernières années repose en grande partie sur une seule filière, dont le poids économique est devenu déterminant dans la structure de la production végétale libanaise.

À savoir : si la consommation récréative de cannabis demeure illégale au Liban, la loi n° 178 de 2020 autorise sa culture à des fins médicales et industrielles dans un cadre réglementé. Toutefois, les retards dans l'application de cette loi ont maintenu une partie importante de la production, notamment dans la Békaa, en dehors du circuit légal. Les estimations de la valeur du secteur peuvent donc inclure des cultures à la fois autorisées et non autorisées. 

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