Le ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé lundi que l'Iran éprouvait toujours une «profonde méfiance» envers les États-Unis, malgré la signature prévue d'un accord sur la fin de la guerre au Moyen-Orient.
«Malheureusement, il faut reconnaître que la profonde méfiance vis-à-vis des États-Unis est la conséquence d'une longue histoire de méfaits des dirigeants américains», a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, lors de son point presse hebdomadaire.
Ils «ont encore beaucoup à faire avant de gagner la confiance des Iraniens», a-t-il ajouté, estimant que l'accord censé être signé vendredi ne constituait «qu'une étape pour réduire les tensions et mettre fin à la guerre» déclenchée par une attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février.
Washington et Téhéran ont annoncé lundi avoir trouvé un accord pour mettre fin immédiatement à la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris au Liban, avec une cérémonie de signature prévue vendredi à Genève.
Selon M. Baghaï, les États-Unis se sont «engagés» à débloquer «des biens iraniens» gelés à l'étranger et à verser des «réparations pour les dégâts» causés au cours du conflit.
En vertu de cet accord, d'après le ministère, l'Iran gérerait le très stratégique détroit d'Ormuz et facturerait des frais de service maritime aux navires y transitant plutôt que d'imposer des péages.
«Nous avons toujours soutenu que nous ne cherchions pas à percevoir de péages de transit, mais que des frais pour les services de navigation, la protection de l'environnement, l'assurance des navires et d'autres services nécessaires seraient facturés», a dit le porte-parole.
D'après l'Iran, l'accord prévoit aussi la fin de la guerre au Liban, où Israël combat le mouvement islamiste Hezbollah soutenu par Téhéran.
«Les États-Unis doivent honorer leurs engagements. Ils doivent s'assurer que le régime sioniste respecte également les siens concernant le Liban», a déclaré Esmaïl Baghaï, ajoutant que son pays ne faisait «confiance ni à Israël ni aux États-Unis».
L'accord-cadre est conçu comme un prélude à 60 jours de négociations, notamment sur le programme nucléaire iranien.
«Nous nous attendons à ce que l'accord final soit soutenu par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, 60 jours après» sa signature, a-t-il affirmé, en remarquant que Téhéran «tirerait des enseignements du passé».
AFP



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