Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes.
«Les consultations se poursuivent [...] dans un contexte de divergences nettes de vision [...] la question des armes restant le seul point de discorde», a déclaré à l'AFP une source politique palestinienne au fait des pourparlers.
Faisant état d'«avancées», un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que «la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés» et que la balle était «dans le camp d'Israël et des médiateurs», soit l'Égypte, le Qatar et la Turquie.
Les groupes palestiniens «restent attachés» au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au «retrait total d'Israël de la bande de Gaza», a-t-il ajouté.
Validé par l'ONU, le plan de paix par étapes du président américain Donald Trump en vue de mettre fin à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas sur Israël, n'entrevoit au contraire qu'à très long terme la possibilité d'un retrait total des troupes israéliennes, qui contrôlent aujourd'hui environ 60% de ce territoire.
Et Israël continue d'exiger un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route fixée par M. Trump.
Plus tôt mardi, plusieurs sources palestiniennes impliquées dans les discussions avaient fait état d'un accord entre les différents mouvements pour que les groupes militarisés de la bande de Gaza remettent une partie de leurs armes à une instance palestinienne ad hoc, restant à créer.
Une telle proposition n'ayant a priori aucune chance d'être acceptée par Israël, «l'Égypte et les médiateurs travaillent à élaborer une nouvelle formule acceptable tenant compte de ce consensus», avait indiqué un des participants.
Parmi les mouvements présents au Caire figurent le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) parmi les plus importants, mais pas le Fatah, la formation du président palestinien Mahmoud Abbas.
Les discussions du Caire se tiennent alors que les frappes israéliennes - visant, selon Israël, des membres de groupes armés - se poursuivent à un rythme quasi quotidien en dépit du cessez-le-feu annoncé en octobre 2025.
Les parties se renvoient mutuellement la responsabilité de la situation, le Hamas accusant Israël de ne pas respecter ses engagements, notamment humanitaires.
Les pourparlers entre le Hamas et les médiateurs doivent reprendre mercredi, selon un dirigeant du mouvement islamiste.
Le Hamas a déjà plusieurs fois déclaré ne pas être opposé à rendre une partie de son arsenal, mais uniquement dans le cadre d'un processus politique palestinien.
Son ancien numéro un, Khaled Mechaal, a aussi évoqué un «gel» ou un «stockage» des armes, ce qui avait été immédiatement rejeté par Israël.
AFP


Commentaires