Des familles et des enfants sont contraints de manger des feuilles pour survivre au Soudan du Sud, a déploré mardi l'ONG Save the Children, dénonçant une crise alimentaire gravissime.
Ce pays, devenu indépendant du Soudan en 2011, est le théâtre, depuis, d'une série de conflits meurtriers. Il connaît depuis des mois une recrudescence, dans plusieurs régions, des combats entre forces gouvernementales fidèles au président sud-soudanais Salva Kiir et des milices d'opposition loyales à son rival Riek Machar, ancien vice-président.
Dans certaines parties de l'État du Jonglei (centre-est), particulièrement touché par les violences, «des familles et des enfants survivent grâce à des feuilles, des nénuphars ramassés dans les marécages et des graines initialement réservées aux semis, tandis que des mères marchent pendant des heures à travers les plaines inondables pour trouver la moindre chose comestible pour leurs enfants», relate Save the Children dans un communiqué.
Le gouvernement du Soudan du Sud reconnaissait fin avril que près des deux tiers de la population, soit 7,9 millions d'habitants sur 12, risquaient de subir une grande insécurité alimentaire.
Des centaines de milliers de personnes sont déplacées par les combats dans le plus jeune pays du monde, mais aussi l'un des plus pauvres, malgré d'importantes réserves de pétrole, et des plus corrompus.
Pour Chris Nyamandi, directeur de Save the Children au Soudan du Sud, la situation pourrait encore s'aggraver car «nous n'en sommes qu'au début de la saison des pluies». «Cette année est plus dangereuse que les autres années. L'insécurité a un impact sur la production alimentaire», explique-t-il.
Selon l'ONG, cette situation a poussé de nombreux enfants, «rendus trop faibles par la faim», à quitter l'école. Certains ont été contraints à travailler ou à se marier.
«Les coupes dans l'aide internationale continuent de toucher de manière disproportionnée les personnes les plus vulnérables dans l'un des États les plus fragiles au monde», selon M. Nyamandi, ajoutant que cette situation peut «être évitée et atténuée, avant que d'autres enfants ne souffrent».
Sur fond de multiplication des crises internationales et de finances publiques exsangues, de nombreux pays développés ont réduit leur aide au développement.
Le Soudan du Sud avait sombré dans une guerre civile sanglante entre 2013 et 2018, qui opposait déjà les forces de MM. Kiir et Machar. Elle avait fait plus de 400.000 morts et quatre millions de déplacés.
AFP



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