Le chef des opérations humanitaires de l'ONU a mis en garde vendredi contre un glissement du Soudan du Sud vers la «famine généralisée» et «l'effondrement», au moment où les combats s'intensifient et que la mission de maintien de la paix onusienne dans le pays (Minuss) se réduit.
«En visitant le Soudan du Sud il y a quelques semaines, j'ai entendu encore et encore le sentiment de désespoir et d'abandon» de la population, a déclaré Tom Fletcher devant le Conseil de sécurité.
«Et avec raison. Le pays le plus jeune du monde est à un tournant dangereux. Conflit plus intense, déplacements en hausse, faim en hausse, maladies en hausse, attaques contre les travailleurs humanitaires en hausse. Financements en baisse», a-t-il décrit.
Il a ainsi appelé le Conseil à prendre des mesures immédiates pour «empêcher le Soudan du Sud de glisser vers la famine généralisée et l'effondrement».
Ce pays né en 2011 de la partition du Soudan est le théâtre depuis son indépendance d'une série de conflits meurtriers.
Il connaît ces dernières semaines une recrudescence des combats entre forces gouvernementales loyales au président Salva Kiir et milices d'opposition fidèles à Riek Machar, le vice-président suspendu de ses fonctions et assigné à résidence depuis un an.
Et les «civils continuent à payer le prix» de l’intensification des combats, a dénoncé la nouvelle cheffe de la Minuss Anita Kiki Gbeho.
Mais en parallèle, la Minuss a dû réduire ces derniers mois de «25 à 30% ses capacités opérationnelles», a-t-elle noté. Résultat d'une crise budgétaire qui touche toutes les missions onusiennes, principalement en raison des arriérés de paiement américains.
Alors que le Conseil de sécurité doit se prononcer d'ici la fin du mois sur le renouvellement du mandat de la Minuss, «il est important de reconnaître le dilemme auquel nous faisons face: l'ampleur et l'urgence des besoins sur le terrain ne correspondent pas encore à l'engagement durable et aux investissements nécessaires pour répondre à l'ambition d'un chemin durable vers la paix», a-t-elle averti.
Mais la représentante américaine Jennifer Locetta a prévenu vendredi que les États-Unis voulaient un «mandat réduit» avec des «priorités réalistes et réalisables».
Elle s'en est également pris directement au président Kiir dont «les actions mènent le Soudan du Sud vers une nouvelle guerre civile».
AFP



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