Le Hezbollah n'a eu «aucun contact» direct avec Donald Trump, malgré les déclarations du président américain laissant entendre le contraire, a affirmé lundi à l'AFP un haut responsable du mouvement libanais pro-iranien.
«Il n'y a eu aucun contact direct entre le président Trump et des responsables du Hezbollah», a indiqué Mahmoud Qomati dans une déclaration écrite en réponse à une question de l'AFP.
Le Hezbollah n'entretient pas de relations directes avec Washington, qui le considère comme une organisation «terroriste» et lui impose des sanctions.
«Nous avons parlé avec le Hezbollah pour la première fois», avait pourtant déclaré Donald Trump le 3 juin à des journalistes.
Deux jours plus tôt, alors qu'Israël menaçait de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement chiite, le président américain avait affirmé avoir eu «une conversation avec des représentants des dirigeants du Hezbollah», lesquels auraient «accepté d'arrêter de tirer sur Israël et ses soldats».
Selon Mahmoud Qomati, Donald Trump «faisait peut-être référence au fait que le conseiller du président du Parlement Nabih Berry communique avec l'ambassadeur américain et transmet des messages».
L'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, a rencontré lundi Nabih Berri, chef du mouvement Amal et allié du Hezbollah, qui joue un rôle d'intermédiaire entre l'administration américaine et le parti pro-iranien.
«Ces allégations indiquent à quel point l'administration américaine est prête à abandonner le pouvoir libanais dès que se profile la moindre indication d'un contact avec les parties fortes et influentes au Liban», a estimé M. Qomati.
Le Hezbollah demeure opposé aux négociations directes engagées depuis avril entre responsables israéliens et libanais sous médiation américaine.
Ces discussions entre les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, n'ont jusqu'à présent pas permis de mettre fin au cycle de violences.
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a réaffirmé lundi que «seul l'État libanais négocie au nom du Liban, et personne d'autre».
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en attaquant Israël le 2 mars en soutien à l'Iran. Depuis, Israël mène des frappes massives qui ont fait plus de 3.600 morts et maintient une présence militaire dans une partie du sud du Liban.
Dimanche soir, en riposte à une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, l'Iran a lancé des missiles contre Israël, qui a répondu par des frappes sur le territoire iranien.
AFP



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