Pourquoi toute l'Amérique regarde la Californie
Des employés électoraux procèdent au dépouillement des bulletins de vote au centre de traitement des bulletins de vote du comté de Los Angeles lors des élections primaires de l'État de Californie à City of Industry, en Californie, le 2 juin 2026. ©PATRICK T. FALLON/AFP

La Californie, État le plus peuplé des États-Unis avec près de 40 millions d'habitants, a voté mardi pour la primaire de l’élection de son nouveau gouverneur. L’objectif est de désigner les candidats qui s'affronteront en novembre afin de succéder au gouverneur démocrate Gavin Newsom. Si les démocrates restent favoris dans ce bastion progressiste, l'élection est observée de près à l'échelle nationale.

Contrairement à la plupart des États américains, la Californie applique un système de primaire dite "top-two primary" (primaire à deux candidats). Démocrates, républicains et indépendants votent ainsi le même jour pour l'ensemble des candidats inscrits sur un bulletin unique. Les deux candidats arrivés en tête, quel que soit leur parti, se qualifient ensuite pour l'élection générale. Il est donc théoriquement possible que deux démocrates ou deux républicains s'affrontent en novembre.

Démocrates en tête

Selon les premiers dépouillements, l'ancien ministre de la Santé de Joe Biden, Xavier Becerra, apparaît en tête avec près de 29% des voix décomptées au milieu de la nuit. Derrière lui, le républicain Steve Hilton (23%) et le milliardaire démocrate Tom Steyer (22%) se disputent la deuxième place qualificative. Le décompte prend traditionnellement du temps en Californie afin de vérifier méticuleusement les votes et notamment ceux envoyés par la poste.

Ancien conseiller politique et ex-commentateur de Fox News, Steve Hilton mène une campagne centrée sur le coût de la vie, la crise du logement et l'insécurité. Tom Steyer, ancien gestionnaire de fonds spéculatifs devenu militant progressiste, défend quant à lui une taxation accrue des plus riches et des mesures destinées à alléger les dépenses des ménages.

L'enjeu dépasse largement les frontières de l'État. Avec une économie qui serait la quatrième plus importante au monde si la Californie était un pays indépendant, la région constitue un laboratoire politique majeur. Berceau de la Silicon Valley et place forte du Parti démocrate, elle sert souvent de référence en matière de politique environnementale, d'innovation technologique ou encore de droits sociaux. La Californie est également l’État le plus riche des États-Unis.

Tensions avec la Maison Blanche

Le scrutin se déroule également dans un contexte de tensions croissantes entre la Californie et la Maison Blanche. Donald Trump multiplie depuis des mois les attaques contre les dirigeants démocrates de l'État, qu'il accuse d'être responsables de la flambée des prix du logement, de la crise des sans-abris ou encore de la dégradation des services publics.

À la veille du vote, le président américain a même laissé entendre que le gouvernement fédéral ne soutiendrait financièrement la Californie que si le républicain Steve Hilton l'emportait, une déclaration dénoncée par ses adversaires comme une tentative de pression politique. «L'argent coulera à flots car je lui fais confiance (mais pas aux autres!)», a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.

Parallèlement à la course au gouvernorat, les électeurs de Los Angeles choisissent également leur maire. La sortante Karen Bass semble en mesure d'accéder au second tour malgré les critiques suscitées par sa gestion des incendies dévastateurs de janvier 2025. Une figure inattendue attire toutefois l'attention: Spencer Pratt, personnalité de téléréalité connue pour l'émission «The Hills». Après avoir perdu sa maison dans les incendies, il a construit sa campagne sur les retards de la reconstruction et le mécontentement d'une partie des habitants face à l'action des autorités locales.

Si les démocrates demeurent largement favoris en Californie, ces élections constituent un test important à deux ans de la présidentielle de 2028. Elles permettront notamment de mesurer l'influence de Donald Trump dans un État qui lui est traditionnellement hostile et de jauger les préoccupations des électeurs sur le coût de la vie, devenu l'un des thèmes dominants de la politique américaine.

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