USA: les démocrates tiennent la corde aux primaires en Californie et à Los Angeles
Le candidat démocrate au poste de gouverneur de Californie, Xavier Becerra, prend la parole lors d’un événement de la soirée électorale dans le centre-ville de Los Angeles, le 2 juin 2026. ©FREDERIC J. BROWN / AFP

Les démocrates semblent bien partis mercredi pour conserver le contrôle de l’État de Californie, appelés à voter simultanément pour les primaires dans l’élection du nouveau gouverneur et celle du maire de Los Angeles, deuxième plus grande ville des États-Unis.

Contrairement aux autres États américains, le «Golden State» organise une primaire commune ouverte aux démocrates et aux républicains pour le poste de gouverneur.

Les deux personnalités en tête s’affronteront en novembre pour succéder au démocrate Gavin Newsom, bloqué par la limite des mandats. Critique infatigable de Donald Trump, il est considéré comme un des candidats possibles du parti à la présidentielle de 2028.

Selon les premiers dépouillements, le démocrate Xavier Becerra, ancien ministre de la Santé sous le président Joe Biden, se détache avec près de 29% des voix décomptées au milieu de la nuit. Un républicain soutenu par Donald Trump, Steve Hilton (23%), et un autre démocrate, Tom Steyer (22%), sont au coude-à-coude pour l’autre strapontin peu après 9h00 GMT.

Steve Hilton, ancien stratège politique américano-britannique, un temps commentateur pour la chaîne conservatrice Fox News, a dénoncé le bilan selon lui désastreux de ses adversaires, qui ont la mainmise sur les organes de l’État californien, en matière notamment de logement et de pouvoir d’achat.

Tom Steyer, un gestionnaire de fonds spéculatifs milliardaire, a pour sa part dépensé plus de 200 millions de dollars de sa fortune personnelle pour faire campagne en faveur d’une hausse des impôts des plus riches et d’une baisse des factures de la classe moyenne.

À l’instar du «Golden State», mardi était une grosse journée électorale aux États-Unis. Des primaires se tenaient en effet également dans le New Jersey, Montana, Dakota du Sud, Nouveau-Mexique et l’Iowa en vue d’élections de gouverneurs ou de représentants au Congrès.

L’avertissement de Trump

Fidèle à ses habitudes, le président a d’ailleurs laissé entendre que le gouvernement fédéral ne soutiendrait financièrement la Californie que si le républicain Steve Hilton était élu. «L’argent coulera à flots car je lui fais confiance (mais pas aux autres!)», a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.

La Californie, berceau de la Silicon Valley, revendique la quatrième économie du monde.

Mais ses habitants dénoncent le coût exorbitant du logement, de l’essence la plus chère des États-Unis, de services publics en décrépitude et le nombre choquant de sans-abris à San Francisco et Los Angeles.

Cette dernière se choisissait elle-même un nouveau maire mardi. La sortante Karen Bass vise un second mandat, entre une conseillère municipale qui l’attaque sur sa gauche et une star de la téléréalité marquée à droite.

Ancienne membre du Congrès, elle semble partie pour conserver son poste, même si sa gestion maladroite des tragiques incendies qui ont ravagé Los Angeles en janvier 2025 a ébranlé sa position.

Avec près de 35% des voix, elle devance largement Nithya Raman, une de ses anciennes alliées au conseil municipal issue du parti des socialistes démocrates. En troisième position, celle-ci ne recueille que quelque 22% des scrutins.

Sur sa droite, Spencer Pratt, star de la téléréalité qui a perdu sa maison dans les incendies et qui canalise le mécontentement lié à la lenteur de la reconstruction de la ville, atteint de son côté plus de 30% des voix.

La Californie est connue pour la lenteur traditionnelle de son dépouillement, à laquelle s’ajoute un volume important de votes par correspondance. Les dernières heures sont supposées être plutôt en faveur des démocrates.

Par Huw GRIFFITH / AFP

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