Le chef de l'ONU recommande de maintenir des troupes onusiennes au Liban
Des soldats de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) commémorent le 77ᵉ anniversaire de la Journée des Casques bleus de l’ONU au quartier général de la force, dans le village de Naqoura, au sud du Liban, le 29 mai 2025. ©Mahmoud Zayyat / AFP

Le secrétaire général de l'ONU a recommandé lundi de maintenir des troupes onusiennes au Liban après le départ fin 2026 de la force de maintien de la paix actuelle, une option qui risque de se heurter à l'opposition des États-Unis et d'Israël.

En août dernier, le Conseil de sécurité, sous la pression des États-Unis, avait décidé de mettre un terme au mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) au 31 décembre 2026.

Il avait toutefois demandé à Antonio Guterres de proposer d'ici au 1ᵉʳ juin des options pour permettre à l'ONU de continuer notamment à surveiller la Ligne bleue, qui s'étend sur 120 kilomètres, traçant une frontière de facto entre le Liban et Israël.

Ce rapport était d'autant plus attendu que le Liban a été depuis entraîné dans la guerre régionale au Moyen-Orient et que les affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien sont quasi quotidiens malgré la trêve du 17 avril, qui n'a jamais été respectée.

Dans ses recommandations transmises lundi au Conseil, vues par l'AFP, le chef de l'ONU estime que, dans toutes les options envisagées, «une présence en uniforme des Nations unies pour faciliter la désescalade, le dialogue, la liaison et la coordination, et le soutien aux forces armées libanaises, serait nécessaire en complément» d'un rôle politique renforcé pour le représentant de l'ONU au Liban.

«Plus spécifiquement, les Nations unies, en tant que gardien temporaire de la Ligne bleue, continueraient à avoir un rôle vital pour surveiller et assurer le maintien de la Ligne bleue de manière impartiale», ajoute-t-il.

Alors que la Finul compte actuellement près de 7.500 Casques bleus, le secrétaire général propose ainsi trois options allant de près de 2.000 à plus de 5.500 personnels en uniforme pour permettre notamment de surveiller le cessez-le-feu et soutenir les forces armées libanaises.

«Unité maritime» 

Il note que l'option la plus ambitieuse permettrait de surveiller de la façon «la plus crédible» les 120 km de la Ligne bleue, avec 350 observateurs militaires non armés, des bataillons armés de 3.700 Casques bleus, sans oublier des unités de soutien (logistique, déminage...).

Dans l'option la moins ambitieuse, «l'intégralité de la Ligne bleue ne pourrait pas être surveillée sans les capacités technologiques nécessaires».

Le rapport évoque d'autre part la possibilité d'une «unité opérationnelle maritime» pour aider la marine libanaise à surveiller ses eaux territoriales, qui pourrait s'ajouter à chaque option.

Ces recommandations interviennent alors que l'armée israélienne a intensifié son offensive terrestre contre le mouvement pro-iranien Hezbollah au Liban, où elle mène son incursion militaire la plus profonde depuis 26 ans. Donald Trump a toutefois assuré lundi que les deux camps lui ont promis l'apaisement, à la veille de négociations israélo-libanaises à Washington.

Plusieurs sources libanaises ont indiqué à l'AFP que Beyrouth, qui s'est engagé à désarmer le Hezbollah, était favorable au maintien d'une présence onusienne après le départ de la Finul.

«Les récents développements ont souligné le besoin urgent du Liban d'une poursuite du soutien de l'ONU et de la communauté internationale, pour d'un côté faciliter le retrait d'Israël et de l'autre permettre à l'État d'étendre son autorité sur tout le territoire», a commenté l'ambassadeur libanais à l'ONU Ahmad Arafa, remerciant Antonio Guterres pour son rapport.

Plusieurs membres du Conseil de sécurité soutiennent également un remplacement de la Finul, en particulier la Chine et la Russie qui, dès le vote, avaient regretté son départ anticipé.

«Le Conseil de sécurité doit prendre une décision responsable pour assurer la poursuite de la présence de l'ONU au Liban et empêcher un vide sécuritaire», a insisté lundi l'ambassadeur chinois Fu Cong lors d'une réunion d'urgence demandée par la France après la dernière offensive israélienne.

Mais depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les Américains mettent en cause l'efficacité des missions onusiennes de maintien de la paix, et le non-versement d'une partie de leur contribution financière a déjà forcé l'ONU à réduire ses troupes à travers le monde, faute de moyens suffisants.

Les États-Unis, proche allié d'Israël, avaient particulièrement salué le vote «historique» d'août mettant un terme à la Finul.

AFP

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