Le trafic aérien mondial recule en avril sur fond de guerre au Moyen-Orient
Avions moins remplis et baisse du trafic mondial: les compagnies aériennes subissent les conséquences de la crise au Moyen-Orient. ©NNA

Le transport aérien de passagers a baissé dans le monde en avril, deuxième mois de guerre au Moyen-Orient, avec des avions moins remplis, selon des chiffres publiés jeudi par l’organisation du secteur (Iata).

L’Association du transport aérien international, qui regroupe plus de 370 compagnies assurant 85% du trafic, a fait état d’une baisse de 3,4% sur un an, exprimé en passager-kilomètre payant (RPK en anglais).

Le taux de remplissage a reculé de 0,4 point sur un an, à 83,1%.

Les chiffres contredisent l’optimisme de l’Iata un mois auparavant. «L’été s’annonce comme une période normalement active pour les voyages», disait alors son directeur général Willie Walsh.

Cette fois-ci, les compagnies se sont résignées à ce que la guerre dure, avec ses conséquences: perturbations au Moyen-Orient, prix toujours élevé du kérosène et attentisme des voyageurs.

«Les données avancées des programmes de vol montrent une réduction de l’offre, indiquant que les compagnies aériennes tâchent de trouver un équilibre entre coûts élevés du carburant et affaiblissement de la demande», a souligné M. Walsh.

Ces compagnies ont peu communiqué sur le sujet ces dernières semaines, ne voulant pas dissuader les voyageurs de réserver des billets pour les mois les plus cruciaux de l’année, juillet et août.

Mais la compagnie Emirates a par exemple, d’après des données des cabinets Cirium et OAG consultées par le site internet spécialisé Simple Flying, supprimé en l’espace d’une semaine près d’un vol sur six de son programme de juin.

«La situation pour le transport aérien reste fortement volatile. Le coût du kérosène a plus que doublé en avril [par rapport à février, avant la guerre], ce qui entraîne une hausse des prix des billets», a déploré M. Walsh.

L’un des signes de la désaffection pour l’avion a par exemple été la baisse du trafic intérieur aux États-Unis (13,6% du trafic mondial), de 0,6% sur un an en avril. Ce pays, premier producteur mondial de pétrole brut, ne dépend pourtant pas du Moyen-Orient pour son kérosène.

Le trafic a continué à croître en avril en Asie-Pacifique (+1,7%) et en Europe (+0,8%), les deux régions à plus fort trafic, sans compenser la baisse des deux suivantes, l’Amérique du Nord (-0,3%) et le Moyen-Orient (-46,6%).

AFP

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