Les  États-Unis frappent l'Iran qui réplique en visant une base américaine
Washington affirme avoir mené des frappes «défensives» contre des drones iraniens dans le sud de l'Iran. ©Al-Markazia

Les États-Unis ont abattu quatre drones iraniens et mené des frappes sur une base au sol dans le sud du pays dans la nuit de mercredi à jeudi, entraînant des représailles de Téhéran qui a visé une base américaine, dans ce qui constitue les affrontements les plus graves depuis le début du cessez-le-feu.

Quatre drones d'attaque qui représentaient une «menace autour du détroit d'Ormuz» ont été abattus, a affirmé un responsable américain sous couvert d'anonymat, ajoutant que l'armée américaine avait aussi frappé «une station de contrôle au sol à Bandar Abbas qui menaçait de lancer un cinquième drone».

«Ces actions étaient mesurées, uniquement défensives et menées avec l'intention de maintenir le cessez-le-feu», a-t-il affirmé.

Les médias iraniens avaient auparavant rapporté trois fortes explosions près de Bandar Abbas, ville portuaire sur le détroit stratégique d'Ormuz, vers 01h30 jeudi (22h00 GMT mercredi).

Deux heures plus tard, la télévision d’État iranienne IRIB a rapporté que les Gardiens de la Révolution avaient visé une base américaine au Koweït, «d’où était partie l’attaque», en représailles aux frappes américaines. De son côté, l’armée koweïtienne a confirmé que ses défenses aériennes interceptaient des missiles et des drones hostiles, peu avant 6h du matin à Koweït City.

«Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones ennemis», a écrit l'armée koweïtienne sur le réseau social X.

Les forces iraniennes ont par ailleurs effectué des tirs de semonce à l'intention de quatre navires qui tentaient de franchir le détroit d'Ormuz, a indiqué jeudi la télévision d'État (Irib), sans fournir de détails sur le type de navires ni sur leur nationalité.

Ces incidents sont les plus sérieux depuis la trêve entrée en vigueur le 8 avril, après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts.

Les négociations entre l'Iran et les États-Unis pour mettre un terme au conflit sont laborieuses, et le détroit d'Ormuz reste verrouillé par l'Iran, ce qui a renchéri l'or noir et fait vaciller l'économie mondiale.

Mercredi, le président américain Donald Trump a une nouvelle fois agité la menace d'une reprise des hostilités.

L'Iran «veut vraiment conclure un accord. Ils n'y sont pas encore. Nous ne sommes pas satisfaits mais nous finirons par l'être (...). Ou alors nous devrons simplement finir le travail», a-t-il dit.

Dans les échanges matinaux jeudi en Asie, le baril de Brent de la mer du Nord, principale référence internationale, progressait de près de 2% pour s'établir à 96,13 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine du pétrole brut, gagnait 1,75% à 90,23 dollars le baril.

Passer «du pire au mauvais» 

En Iran, l'accès à internet a été en partie rétabli après une coupure de près de trois mois. Les connexions restent erratiques, les données mobiles étant encore largement coupées, de nombreux sites filtrés et des services de messagerie difficilement accessibles.

«Ce n'est pas du bonheur ou de la joie (que je ressens, NDLR), j'ai juste l'impression qu'on est passé du pire au mauvais», a réagi auprès de l'AFP Bahareh, 32 ans, nutritionniste à Téhéran.

«On se demande tous les jours: “Y aura-t-il des frappes de missiles ce soir?”», décrit Amir, un développeur de logiciel de 27 ans, également depuis la capitale iranienne.

L'Iran a affirmé être en train de finaliser un accord-cadre en 14 points avec les États-Unis, donnant la priorité à la fin de la guerre «sur tous les fronts», y compris au Liban.

«Le projet d'accord-cadre (...) est une totale invention», a réagi la Maison Blanche.

Selon la télévision iranienne, le protocole en discussion prévoit notamment un engagement des États-Unis à lever leur blocus des ports iraniens en contrepartie du rétablissement du trafic commercial dans le détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

Mercredi, le Trésor américain a annoncé des sanctions à l'encontre de l'Autorité iranienne du détroit du golfe Persique, la nouvelle agence de Téhéran chargée de percevoir les droits de passage à Ormuz.

Téhéran cherche aussi à obtenir le déblocage de 24 milliards d'avoirs gelés à l'étranger, «avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord», selon l'agence iranienne Isna.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps.

Les États-Unis réclament la destruction de son stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain. Téhéran dément de son côté vouloir se doter de la bombe atomique.

 

AFP

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