Les États-Unis frappent le réseau du financier iranien Babak Zanjani

Les États-Unis ont annoncé vendredi une nouvelle série de sanctions visant quatre individus et neuf entreprises considérés comme des acteurs clés du réseau d'évasion des sanctions du financier iranien Babak Zanjani.

Dans un communiqué, le département américain du Trésor indique que ces mesures ciblent plusieurs sociétés opérant au sein du conglomérat iranien «Dot One», contrôlé par Zanjani, ainsi que des entreprises basées en Turquie et aux Émirats arabes unis qui soutiennent ses plateformes d'échange de cryptoactifs déjà sanctionnées, Zedcex Exchange Limited (Zedcex) et Zedxion Exchange Limited (Zedxion).

Selon l'Office of Foreign Assets Control (OFAC), Babak Zanjani s'est appuyé sur un vaste réseau d'activités comprenant les services financiers, le commerce d'actifs numériques, la production d'or et de pierres précieuses, ainsi que de grands projets d'infrastructures et de transport, afin de dissimuler la propriété de ses actifs, de blanchir des revenus et de transférer discrètement des fonds par l'intermédiaire de l'Iran et de structures situées à l'étranger.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a affirmé que «le régime iranien continue de payer un lourd prix économique pour son comportement irresponsable», évoquant la chute du rial à un nouveau plus bas historique et une forte hausse de l'inflation. Il a ajouté que Washington poursuivrait ses efforts pour «priver les élites corrompues du régime iranien, leurs financiers et leurs facilitateurs de tout accès au système économique».

Un réseau lié au contournement des sanctions

Selon le Trésor américain, Babak Zanjani avait été condamné à mort en Iran en 2016 pour le détournement de millions de dollars appartenant à la National Iranian Oil Company (NIOC), avant que sa peine ne soit commuée en 2024.

Les autorités américaines estiment qu'il a ensuite repris ses activités en développant plusieurs projets économiques liés au régime iranien, notamment dans les infrastructures, les transports et les actifs numériques.

Selon le Trésor américain, les sociétés de Zanjani ont servi à contourner les sanctions et à soutenir des entités liées au régime iranien, tandis que ses plateformes d'actifs numériques auraient notamment été utilisées pour blanchir des fonds au profit du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Des entreprises en Iran, en Turquie et aux Émirats visées

Les sanctions concernent notamment Dot One Value Creation Group, présenté comme la société holding du conglomérat Dot One, ainsi que DotOne Gold Company, active dans la production d'or et liée au jeton numérique Tala Token.

Sont également visées plusieurs filiales du groupe, dont DotOne Rail Company, DotOne Barter Company, DotOne Airlines Company et DotOne Trip.

À l'étranger, Washington cible également la société turque Zedpay Finansal Sistem Ve Hizmetleri, accusée d'avoir fourni des services financiers à Zedxion, ainsi que son président, Mehdi Rezazadeh.

Aux Émirats arabes unis, les sanctions frappent Zedx DMCC et son dirigeant, Sukhrob Oimakhmadov, ainsi que BZ Diamond FZCO, une société spécialisée dans le commerce de diamants dirigée par Bahareh Morteza Zanjani, sœur de Babak Zanjani.

Les autorités américaines sanctionnent également Solmaz Bani, présentée comme la compagne de Zanjani, accusée d'avoir apporté un soutien matériel à ses activités.

Gel des avoirs et interdiction de transactions

Ces nouvelles mesures entraînent le gel de tous les avoirs des personnes et entités concernées relevant de la juridiction américaine. Elles interdisent également à toute personne ou entreprise américaine d'effectuer des transactions avec elles, sauf autorisation spécifique de l'OFAC.

Le département du Trésor rappelle que les institutions financières et les entreprises étrangères s'exposent également à des sanctions si elles participent à certaines transactions impliquant les personnes ou entités désormais désignées.

 

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