Deux ministres israéliens d’extrême droite ont appelé lundi à intensifier la guerre contre le Hezbollah pro-iranien au Liban, l’un plaidant pour y occuper davantage de territoire et l’autre à frapper lourdement Beyrouth, en pleines tractations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
«Il est temps pour le Premier ministre (Benjamin Netanyahu) de taper du poing sur la table face à Donald Trump et de lui annoncer qu’Israël retourne à la guerre au Liban», a affirmé le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.
Dans un communiqué, il a appelé à «revenir à une guerre intensive», à «couper l’électricité» dans le pays voisin et à «prendre le contrôle» du fleuve Zahrani, situé plus au nord que le Litani.
L’armée israélienne, qui contrôle une bande d’environ 10 km de profondeur en territoire libanais, a fixé au Litani la limite de la zone qui doit être vidée de combattants du Hezbollah.
Israël et le Hezbollah échangent quotidiennement des tirs, en dépit d’un cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril, et le mouvement pro-iranien a de plus en plus souvent recours à des drones explosifs.
«Pour chaque drone explosif, 10 immeubles doivent tomber à Beyrouth», a estimé le ministre des Finances Bezalel Smotrich, autre ténor de l’extrême droite israélienne.
Il a affirmé dans un communiqué avoir approuvé un budget d’environ deux milliards de shekels (près de 600 millions d’euros) pour développer des «solutions technologiques» face à la menace des drones.
L’armée a annoncé lundi la mort d’un autre de ses soldats dans le sud du Liban, portant à 23 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars, en plus d’un contractuel civil.
Pour le centriste Yaïr Lapid, chef de l’opposition, «il est inacceptable que des soldats et civils israéliens (...) continuent d’être sous le feu».
«Soit il y a un cessez-le-feu, soit nous répondons avec une force disproportionnée à chaque attaque contre nous», a-t-il déclaré lundi à des journalistes.
Ces déclarations surviennent alors que les Etats-Unis et l’Iran cherchent à finaliser les termes d’un accord, mais certains points semblent faire l’objet de désaccords, notamment le Liban.
Selon Téhéran, un accord doit s’appliquer à tous les fronts y compris celui-là, mais Israël a assuré avoir reçu le soutien du président Trump pour continuer à «se défendre».
Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars, après des tirs du Hezbollah sur Israël en soutien à l’Iran, ciblé par une offensive israélo-américaine.
Selon les autorités libanaises, les frappes israéliennes ont depuis fait plus de 3.100 morts.
AFP



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