Téhéran et Washington évoquent une percée dans les négociations sur la fin de la guerre
Sur cette photo diffusée par la présidence iranienne, le président iranien Massoud Pezeshkian (à droite) rencontre le chef de l'armée pakistanaise Syed Asim Munir à Téhéran le 23 mai 2026. ©IRANIAN PRESIDENCY/AFP

L'Iran et les États-Unis ont évoqué samedi une percée dans les négociations pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, après des semaines de tensions et de consultations diplomatiques.

«Après plusieurs semaines de pourparlers bilatéraux, on observe une tendance au rapprochement» avec les positions américaines, a affirmé le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï à la télévision d'État, en révélant que son pays était en «phase de finalisation» d'un protocole d'accord avec Washington en vue de cesser les hostilités.

«Cela ne signifie pas nécessairement que nous et les États-Unis parviendrons à un accord sur les questions importantes», a-t-il cependant ajouté.

M. Baghaï a précisé que le dossier nucléaire ne faisait pas partie «à ce stade» de l'accord en discussion.

En revanche, «la question du détroit d'Ormuz figure parmi les sujets dans ce protocole d'accord en 14 points» négocié avec les États-Unis, a-t-il affirmé.

Ce texte mentionne aussi «la fin des actes de piraterie menés par les États-Unis contre la navigation internationale», a-t-il ajouté à la télévision d'État.

Auparavant, le secrétaire d'État américain Marco Rubio avait estimé qu'il y avait «une chance» que l'Iran accepte un accord visant à mettre fin à la guerre dès samedi.

«Il est possible que plus tard aujourd'hui, demain ou dans quelques jours, nous ayons des informations à communiquer», a déclaré M. Rubio aux journalistes à New Delhi, ajoutant qu'il espérait avoir de «bonnes nouvelles».

Cette percée apparente est intervenue après des semaines de blocages et de menaces. Encore samedi, le principal négociateur iranien avait promis une réponse «écrasante» si les États-Unis reprenaient leur guerre contre l'Iran, dans la foulée d'informations de médias américains sur le fait que le président Donald Trump envisageait de nouvelles frappes contre Téhéran.

Chef de l'armée pakistanaise à Téhéran

«Nos forces armées se sont reconstruites pendant la période de cessez-le-feu de telle manière que si Trump commet un autre acte insensé et relance la guerre, (les conséquences) seront certainement beaucoup plus écrasantes et amères pour les États-Unis que le premier jour de la guerre», a prévenu Mohammad Bagher Ghalibaf.

Il a tenu ces déclarations à l'issue d'une rencontre avec le chef de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, venu dans la capitale iranienne dans le cadre des efforts de médiation d'Islamabad, avant d'en repartir samedi.

Après plus d'un mois de guerre qui a fait des milliers de morts et secoué l'économie mondiale, un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les États-Unis.

Selon CBS News, des militaires américains se préparent à d'éventuels bombardements au cours du week-end, qui dure jusqu'à lundi aux États-Unis. Vendredi, Donald Trump a rassemblé ses plus proches conseillers pour discuter de la guerre, a affirmé Axios.

Le président américain a en outre annoncé qu'il ne pourrait pas assister au mariage de son fils aîné Don Jr. aux Bahamas ce week-end, et qu'il devait rester à Washington pour des «raisons ayant trait aux affaires de l'État».

Arrivé vendredi à Téhéran, le maréchal Munir a également discuté avec le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Ce dernier a aussi eu des entretiens téléphoniques diplomatiques avec ses homologues de Turquie, d’Irak, d'Oman et du Qatar, a rapporté l’agence de presse officielle Irna.

L'émir de ce dernier pays, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a discuté samedi au téléphone avec M. Trump et a appelé à «donner la priorité aux solutions pacifiques», selon son bureau.

«L'Amérique ne gagnera pas ce conflit, et ce sont les pays de la région et du monde qui subiront de lourdes pertes», a prévenu samedi le président iranien, Massoud Pezeshkian.

Donald Trump cherche une issue à cette guerre impopulaire dans son pays, qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du blocage du stratégique détroit d'Ormuz par Téhéran, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

Alors que l'Iran et les États-Unis échangent depuis des semaines des menaces, des Iraniens ne cachent pas leur lassitude.

«L'état de “ni guerre ni paix” est bien pire que la guerre elle-même. On ne peut même pas prévoir quelque chose d'aussi simple que s'inscrire à une salle de sport, encore moins des projets plus importants», déplore Shahrzad, une femme au foyer de 39 ans, jointe au téléphone depuis Paris.

AFP

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