Futsal: les Libanaises font parler la grinta à Istanbul
Futsal: les Libanaises mettent le Bosphore à leurs pieds. ©lpsnationalteam

La sélection féminine libanaise des écoles privées a signé un superbe coup d’éclat au Sports Fest de l’Université Boğaziçi (Istanbul). En remportant le tournoi de futsal après une victoire 3-1 contre l’Italie en finale, les jeunes Libanaises ont offert au sport national une bouffée d’air frais. Les garçons, deuxièmes de leur tournoi, ont complété une moisson qui dit beaucoup d’un Liban sportif toujours capable de se dresser, même quand tout vacille autour de lui.

Il y a des victoires qui ne se résument pas à un score. Celle des Libanaises en fait partie. Sur le parquet turc, loin des grands projecteurs, elles n’ont pas seulement remporté une finale: elles ont posé une signature, imposé un caractère, envoyé un message.

Face à l’Italie, les jeunes Libanaises ont fait le métier. Elles ont frappé, tenu, résisté, puis refermé la porte. Le 3-1 final raconte un match maîtrisé avec les jambes, mais surtout avec la tête. En futsal, tout va vite: les espaces se ferment, les duels s’enchaînent, la moindre perte de balle peut coûter très cher. Dans ce jeu d’échecs à grande vitesse, le Liban a gardé son sang-froid.

Organisé à l’Université Boğaziçi, à Istanbul, le Sports Fest réunissait des équipes venues de plusieurs pays, dont la Turquie, l’Italie, l’Ouzbékistan, l’Algérie, la Roumanie, la Russie, la Grèce et l’Ukraine. Dans ce décor international, les Libanaises n’ont pas joué les invitées polies. Elles ont pris leur place, leur rythme, puis la coupe.

Le futsal, révélateur de caractère

Le futsal n’est pas un football de salon. C’est une discipline nerveuse, dense, exigeante. On y pense vite, on y joue juste, on y paie comptant chaque seconde d’égarement. Pas le temps de réciter une partition: il faut improviser sans se désorganiser.

C’est là que l’exploit prend du relief. Pour aller au bout d’un tournoi de ce type, il ne suffit pas d’avoir deux individualités inspirées ou un éclair dans la surface. Il faut un bloc, une discipline, une lecture collective, une capacité à souffrir ensemble. Les Libanaises ont coché toutes les cases, avec cette grinta propre aux équipes qui savent que rien ne leur sera offert.

Leur parcours dit aussi quelque chose du sport féminin libanais. Trop souvent relégué au second plan, trop rarement mis en pleine lumière, il continue pourtant d’avancer. À coups de talent, de travail, d’entraîneurs investis, de familles présentes, de jeunes filles qui refusent d’attendre qu’on leur ouvre la porte pour entrer dans le match.

Le Liban, encore debout

Ce titre prend évidemment une résonance particulière dans le contexte libanais. Préparer une compétition internationale quand le pays traverse l’incertitude relève déjà du défi. Voyager, jouer, gagner, revenir avec une coupe: c’est autre chose. C’est une réponse sportive à un quotidien souvent miné par les crises.

Ces jeunes Libanaises n’ont pas attendu que tout soit parfait pour exister. Elles sont parties avec leurs moyens, leur rage, leur drapeau. Et elles ont rappelé une vérité simple: même cabossé, le Liban continue de produire des talents capables de surprendre, de rivaliser et de gagner.

Les garçons ont eux aussi brillé en terminant deuxièmes de leur tournoi, battus en finale par l’Ouzbékistan. Mais cette fois, la grande lumière revient aux filles. Elles ont pris Istanbul à revers, l’Italie de vitesse et le doute à la gorge.

Dans un pays habitué à compter ses blessures, elles ont ajouté autre chose au tableau: des buts, une coupe, un podium, une fierté. Et cette petite phrase que le sport écrit parfois mieux que les discours: le Liban n’est jamais aussi vivant que lorsqu’on le croit à terre.

 

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