Pour sa première grande liste à la tête des Hommes du Cèdre, le nouveau sélectionneur algérien Madjid Bougherra a convoqué 26 joueurs avant le rendez-vous décisif du 4 juin face au Yémen, à Doha. Un match couperet pour une place en phase finale de la Coupe d’Asie 2027, et déjà un premier test grandeur nature pour une sélection libanaise appelée à tourner la page de sa sortie ratée contre le Soudan.
Madjid Bougherra entre déjà dans le dur. Le nouveau sélectionneur algérien du Liban a dévoilé sa première liste depuis sa prise de fonctions, à quelques jours d’un rendez-vous qui ressemble à un examen d’entrée. Le 4 juin prochain, à 19h, sur la pelouse du stade du club Al-Arabi, à Doha, les Hommes du Cèdre affronteront le Yémen lors de la dernière journée du groupe B du troisième tour qualificatif à la Coupe d’Asie 2027.
L’enjeu est limpide: répondre présent, éviter le trou d’air et surtout effacer l’impression laissée par l’élimination face au Soudan en Coupe arabe. Ce jour-là, le Liban avait mené, joué longtemps en supériorité numérique, puis fini par se saborder. Cette fois, plus question de laisser filer un match dans les temps faibles ou les fautes de concentration.
La rencontre, initialement prévue en mars, avait été reportée en raison des conditions sécuritaires au Moyen-Orient. Entre-temps, le tirage au sort de la phase finale, organisée en Arabie saoudite, a déjà eu lieu: le qualifié de ce duel Liban-Yémen rejoindra un groupe relevé avec la Corée du Sud, les Émirats arabes unis et le Vietnam. Le billet mène donc directement vers la haute altitude asiatique.
Des retours pour muscler le onze
Avant de trancher, Bougherra et son adjoint Djamel Mesbah ont pris le pouls du terrain local. Arrivés à Beyrouth, ils ont suivi les matchs de la Coupe de la solidarité nationale afin d’évaluer les joueurs du championnat libanais, tout en gardant un œil sur les expatriés. Résultat: une liste de 26 joueurs pour un stage à Doha, où la sélection doit arriver vendredi matin.
La grande nouveauté tient au retour de plusieurs cadres absents lors du dernier rendez-vous en Coupe arabe. En défense, Pedro Bou Dib, joueur de Pachuca au Mexique, apporte une option de poids. Au milieu, Hassan Srour et Jihad Ayoub reviennent dans le moteur, tandis qu’Ali El Hajj redonne de la percussion sur les côtés. Devant, Karim Darwish, attaquant de Duhok en Irak, et Leonardo Shahin, qui évolue à Oddevold en Suède, offrent davantage de profondeur.
Autre retour notable: Mehdi Zein, milieu d’Al Ansar, rappelé pour la première fois depuis sa convocation face au Monténégro en octobre 2023. Dans un match où il faudra tenir le ballon sans s’endormir dessus, gagner les deuxièmes ballons et éviter de se faire couper en transition, son profil peut peser.
Trois nouveaux visages dans le décor
Cette liste porte aussi la marque d’un sélectionneur qui veut ouvrir des portes. Trois nouveaux noms font leur apparition: Ali El Fadel, milieu de Nejmeh et capitaine de la sélection olympique; Jimmy Kazan, jeune ailier d’Enosis Paralimni, à Chypre; et Austin Ayoubi, ailier d’Adelaide United, en Australie.
Ces choix ne sont pas anodins. Le Liban arrive diminué, privé de plusieurs éléments importants pour blessure ou suspension: Mohamad Safwan, Mohammad El Hayek, Samy Merhej et Hussein Chokroun. Bougherra doit donc injecter du sang neuf sans casser la colonne vertébrale, trouver l’équilibre entre les anciens réflexes et une nouvelle exigence.
Le secteur offensif sera particulièrement scruté. Zain Farran, Ali El Hajj, Omar Chaaban, Leonardo Shahin, Karim Darwish, Jimmy Kazan et Austin Ayoubi composent une ligne d’attaque fournie, mobile, mais qui devra surtout être efficace. Car le Liban n’a pas seulement besoin de possession, de centres ou de bonnes intentions: il lui faut des buts, des appels tranchants et cette capacité à tuer un match quand l’occasion se présente.
Le chantier Bougherra commence vraiment
Dans les cages, Mostafa Matar reste une valeur sûre, entouré de Mehdi Khalil et Ali Sabeh. Derrière, Hussein Zein, Khalil Khamis, Kassem El Zein, Nassar Nassar, Hussein Sharafeddine, Hassan Farhat, Walid Shour et Pedro Bou Dib offrent plusieurs combinaisons. Au milieu, Mohamad Haidar, Ahmad Kheireddine, Ali Tneich, Mehdi Zein, Ali El Fadel, Jihad Ayoub, Hassan Srour et Gabriel Bitar formeront le cœur du réacteur.
La question, désormais, est moins celle des noms que celle de l’attitude. Face au Yémen, il ne s’agira pas de jouer joli, mais de jouer juste. Pas de courir dans le vide, mais de presser au bon moment. Pas de dominer pour dominer, mais de transformer les temps forts en coups de massue.
Bougherra, ancien défenseur de caractère, sait qu’une qualification ne se gagne pas seulement avec des pieds. Elle se gagne avec une structure, des duels, du sang-froid et cette dose de vice compétitif qui manque parfois aux équipes trop gentilles. À Doha, le Liban jouera plus qu’un billet pour la Coupe d’Asie: il jouera le début d’un nouveau cycle.
Le 4 juin, les Hommes du Cèdre auront une balle de match. À eux, cette fois, de ne pas l’envoyer dans le décor.




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