Comment venir à bout d’une dystopie meurtrière?
©Ici Beyrouth

Le jeu alterné des affrontements et des trêves qui scandent les rythmes de la vie quotidienne en Iran et au Moyen-Orient frise le ridicule si l’on n’est pas dans des tragédies qui se répètent de manière récurrente. Le régime iranien n’a d’autre solution que de recourir à la violence. L’usage de la diplomatie, quant à lui, n’a pour seule fonction que d’assurer sa survie, au détriment de la paix tant intérieure qu’extérieure. Aucun des problèmes n’est résolu et l’avenir de la paix au Moyen-Orient est plus que jamais incertain. 

La question lancinante qui se pose est celle de la possibilité de mettre fin à ce cercle vicieux et de remettre la région sur la voie d’une solution négociée des conflits en question. Une rétrospective succincte nous renvoie à des impasses institutionnalisées et à l’inévitabilité du retour à la guerre afin d’y mettre fin.

Le régime iranien n’entend sous aucun rapport changer de narratif et de conduite. La crise de légitimité du régime et sa conflictualité diffuse se poursuivent ininterrompues et sans déviation de parcours. Les négociations sur les enjeux des voies maritimes internationales, des régimes de militarisation des conflits (conventionnel et nucléaire), des géopolitiques en crise, et des réformes internes butent sur des interdits idéologiques et des blocages institutionnels.

Elles partent des présupposés d’un régime qui n’a d’autre voie de survie que celle de la violence. Il est impératif de se rendre à l’évidence, de cesser les faux-fuyants et d’entretenir les illusions d’une diplomatie sans fin et des simulations de résolution de conflits alors qu’on y est. 

Les diplomaties européennes en place et le Parti démocrate aux États-Unis entretiennent des illusions et s’installent dans le déni des réalités, alors qu’ils n’ont rien à offrir en termes de résolution des conflits en question. Le régime iranien redouble de violence à l’endroit d’une société iranienne récalcitrante qui se refuse à tout compromis avec un régime qui n’envisage aucune démarche réformiste.

Ce dernier se cramponne par ailleurs à l’usage de la violence et de la terreur d’État. Alors que ses rapports avec son environnement régional et la communauté internationale ne font que reproduire et renforcer les habitus d’un régime totalitaire et d’un impérialisme belliqueux. Ce schéma même prévaut sur l’ensemble de la région où le régime, moyennant la «politique des plateformes opérationnelles intégrées», entretient des dynamiques conflictuelles en état d’incandescence. 

La seule conception qu’il se fait de l’ordre régional est celle de la militarisation des conflits et de la réédition des rapports de force dès qu’il se sent menacé. Tout échange soi-disant diplomatique n’a d’autre finalité que de sanctuariser les acquis d’une politique impériale sans vergogne. Paradoxalement, certaines diplomaties occidentales se refusent à une telle lecture et se réfugient dans des simulations mensongères qu’ils savent pertinemment inopérantes.

Il est inutile, dorénavant, d’effectuer ce constat de manière répétée et de s’attendre à des changements miraculeux au milieu des champs de ruines qui s’empilent à vue d’œil dans une région où les conflits induits par l’impérialisme iranien prolifèrent. 

Il faudrait reconnaître que la métamorphose n’aura lieu qu’avec le changement des rapports de force et que la guerre est inévitable. Les marges de manœuvre du régime iranien s’amenuisent, les contre-alliances imaginées n’ont pas lieu. Celui-ci réédite les scénarios éprouvés du terrorisme, des politiques de subversion, de la répression interne et de la remise en cause des mécanismes d’arbitrage et de règlement négocié des conflits.

La destruction de ses leviers logistiques et opérationnels, la poursuite des politiques de sanctions, de l’état de siège et de la délégitimation doivent poursuivre leur cours si l’on veut un épilogue à des blocages systémiques qui empêchent tout changement. Il faudrait faire échec à ce régime sur l’ensemble des théâtres opérationnels, quelles que soient les modulations de cette entreprise.

L’arbitrage des jeux de pouvoir comme en Irak, les stratégies d’endiguement comme au Yémen, à Gaza, dans les territoires palestiniens, les pays du Golfe et le Liban, et la neutralisation comme en Syrie, la défaite du Hamas, du Hezbollah et des Houthis s’inscrivent dans un continuum géopolitique qui prolonge les politiques d’érosion qui visent l’intérieur iranien.

Il faudrait empêcher coûte que coûte le régime iranien de retisser ses maillages opérationnels et de se repositionner comme interlocuteur obligé sur la scène régionale et internationale. Le nouvel axe totalitaire, loin de servir d’appoint à la politique impériale iranienne, fait défaut et s’avère d’une utilité marginale réduite, voire nulle. La diplomatie et la recherche de la paix n’ont pas d’autre chemin que celui de la guerre et de la redéfinition des rapports de force.

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