La prix Nobel de la paix 2023 Narges Mohammadi est sortie de l'hôpital de Téhéran et a pu regagner son domicile, a annoncé lundi sa fondation, qui met en garde contre les risques pesant sur sa santé en cas de réincarcération.
Narges Mohammadi, 54 ans, dont l'état de santé s'est gravement détérioré depuis son arrestation en décembre, avait été libérée sous caution le 10 mai et transférée à l'hôpital à Téhéran pour être soignée par son équipe médicale personnelle.
La militante est sortie dimanche du «service de soins intensifs (CCU) de l'hôpital Pars de Téhéran», a précisé sa fondation dans un communiqué.
L'équipe médicale de Mme Mohammadi a confirmé que son état de santé est «directement lié à une pression psychologique sévère et prolongée, à une anxiété chronique et à un stress intense», écrit sa fondation.
«Elle doit se reposer et continuer d'être suivie médicalement, ce qui nécessite qu'elle reste en dehors de la prison», a ajouté sa fille Kiana Rahmani, coprésidente de la Fondation Narges, citée dans le communiqué.
«Toutes les charges retenues contre elle doivent être abandonnées, et elle ne doit plus jamais être réincarcérée», ajoute-t-elle.
«Après plus de dix ans d'emprisonnement, son corps n'a plus la capacité physique de supporter la moindre tension supplémentaire ni d'endurer de nouvelles conditions de stress», assure sa fondation.
Mme Mohammadi a «besoin de repos et de soins dédiés dans un environnement calme, totalement exempt de tout facteur de stress externe», ajoute encore le texte.
Narges Mohammadi, dont les plus de deux décennies de militantisme ont été récompensées par le prix Nobel de la paix en 2023, a été arrêtée le 12 décembre à Mashhad (est) après avoir critiqué les autorités religieuses iraniennes lors d'une cérémonie funéraire.
Incarcérée à la prison de Zanjan (nord), elle avait été transférée début mai dans un hôpital de la région après avoir subi une crise cardiaque, selon sa fondation.
En février, elle a été condamnée à six années de prison pour atteinte à la sécurité nationale et un an et demi d'emprisonnement pour propagande contre le système islamique de l'Iran.
Ces 25 dernières années, Mme Mohammadi a été à plusieurs reprises incarcérée pour son engagement contre la peine de mort et le code vestimentaire strict imposé aux Iraniennes.
AFP



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