Un nouveau cadre réglementaire a été adopté au Liban pour organiser en profondeur le secteur de l’apiculture et de la production de miel, avec pour objectif de renforcer sa durabilité, la biosécurité et la qualité des produits, conformément aux standards scientifiques modernes et aux exigences de protection des abeilles, de la biodiversité et de la sécurité alimentaire.
Dans une décision publiée cette semaine, le ministre de l’Agriculture, Nizar Hani, a élaboré un texte qui constitue un dispositif complet couvrant l’ensemble de la chaîne apicole, de l’enregistrement des apiculteurs à la production et au stockage du miel, en passant par la gestion des ruchers, l’importation des reines et l’élevage des races locales. Il vise à améliorer la santé des colonies, à encadrer la production et à renforcer la confiance des consommateurs locaux et des marchés étrangers.
Enregistrement obligatoire des apiculteurs
La décision impose à tous les apiculteurs, y compris les amateurs possédant une ou plusieurs ruches, ainsi qu’aux producteurs de miel, de produits dérivés de la ruche et aux éleveurs de reines, de s’inscrire au registre des agriculteurs du ministère de l’Agriculture. Cette mesure vise à établir une base de données nationale précise et à faciliter le suivi technique, sanitaire et administratif du secteur.
Organisation des ruchers et protection des pâturages
Le ministère de l’Agriculture, à travers ses centres agricoles régionaux, supervisera la répartition des ruchers sur l’ensemble du territoire libanais, en coordination avec les municipalités, les mokhtars, les coopératives, les syndicats et les associations spécialisées. Cette organisation reposera sur des critères scientifiques prenant en compte la capacité des pâturages et visant à limiter la surpopulation des ruchers, responsable de la baisse de productivité et de la propagation des maladies et parasites.
Des critères détaillés ont été fixés pour la répartition des ruches selon les types de pâturages.
Contrôle strict de la qualité du miel
La qualité du miel fera l’objet d’un contrôle renforcé. Les lieux d’extraction, de conditionnement et de stockage seront soumis à une surveillance régulière, et des prélèvements pourront être effectués pour analyse en laboratoire. Tout mélange du miel avec des substances sucrées ou manufacturées sera considéré comme une fraude et passible de poursuites judiciaires.
Étiquetage obligatoire des emballages
Les emballages de miel devront comporter des informations obligatoires détaillées, notamment l’origine, le type de miel, les dates de production et d’expiration, ainsi qu’un système de traçabilité possible via QR code. Toute mention relative à des propriétés biologiques ou sanitaires sera interdite sans certification officielle.
Protection de la santé des abeilles
Le dispositif renforce également la protection de la santé des abeilles, avec une obligation de surveillance des maladies et parasites, et un encadrement strict de l’usage des pesticides. L’alimentation artificielle des ruches destinées à la production de miel sera interdite durant les périodes de miellée afin de préserver la qualité du produit.
Réglementation de l’élevage des reines
Le texte organise également le secteur de l’élevage des reines en soumettant la création des stations de production à une autorisation préalable du ministère de l’Agriculture. Des critères scientifiques avancés relatifs à la sélection des races, à la documentation des lignées et au contrôle des caractéristiques génétiques, productives, comportementales et sanitaires des abeilles ont été fixés.
Les éleveurs de reines devront tenir des registres techniques détaillés comprenant des données précises sur la résistance aux maladies, la productivité, le comportement sanitaire, le développement printanier et l’adaptation climatique, conformément aux indicateurs scientifiques utilisés dans les programmes internationaux d’amélioration génétique.
Conditions strictes pour l’importation des reines
L’élevage des reines est également encadré par des normes strictes, avec autorisation préalable et suivi scientifique des lignées, des performances et des caractéristiques sanitaires et génétiques. Des registres techniques détaillés devront être tenus par les éleveurs.
L’importation des reines d’abeilles est soumise à autorisation et à des conditions sanitaires strictes, incluant certificats officiels et quarantaine éventuelle. L’importation de colonies complètes reste interdite, à l’exception des bourdons utilisés pour la pollinisation.
Formation continue des apiculteurs
Enfin, des formations régulières seront organisées pour les apiculteurs afin de promouvoir les pratiques modernes et d'améliorer les compétences techniques du secteur, dans une logique de développement durable et de protection des pollinisateurs essentiels à l’équilibre écologique et à la sécurité alimentaire.



Commentaires