Matières premières: l'or plombé, le cuivre et le sucre hésitent
Un homme regarde son téléphone portable devant un écran affichant l'indice composite indonésien (IHSG), qui a chuté de manière significative lors de l'ouverture du marché, dans le bâtiment de la Bourse indonésienne à Jakarta le 13 mai 2026. ©BAY ISMOYO/AFP

Le cours de l'or a reculé cette semaine, pénalisé par les anticipations de resserrement monétaire aux États-Unis, en l'absence d'avancées diplomatiques notables vers une résolution de la guerre au Moyen-Orient.

Après avoir stagné en début de semaine, «l'or s'est effondré comme un château de cartes», sa chute vendredi allant jusqu'à 3%, après avoir déjà baissé jeudi, car «l'inflation alimentée par le conflit renforce les paris sur une hausse des taux d'intérêt américains», résume pour l'AFP Lukman Otunuga, de FXTM.

L'indice des prix à la consommation (CPI) pour le mois d'avril aux États-Unis s'est affiché mardi au plus haut depuis près de trois ans, à 3,8% sur un an, et l'indice des prix à la production (PPI) paru mercredi a bondi le mois dernier à 6% sur un an, contre 4,3% en mars.

Les investisseurs plaçaient par ailleurs leurs espoirs dans le fait que Donald Trump fasse pression pour que Pékin, principal importateur de pétrole iranien, use de son influence en vue d'une sortie de crise dans le Golfe.

Mais «malgré les sourires et les poignées de main observés lors de la rencontre entre Trump et Xi Jinping, aucune solution sérieuse n'a été évoquée pour débloquer le détroit d'Ormuz», constate M. Otunuga, ce qui a ramené l'attention des marchés sur les perspectives de politique monétaire américaine.

L'Inde a par ailleurs relevé mardi ses taxes sur les importations d'or et d'argent, dont les transactions mondiales s'opèrent en dollar, afin de soutenir la roupie et ses réserves de change.

Cette mesure «devrait quelque peu freiner la demande d'or vers l'Inde», estime Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.

Vendredi, vers 14H30, l'once d'or (31,1 g) s'échangeait à Londres à 4 553,49 dollars, contre 4 715,25 dollars à la clôture la semaine passée.

Le cuivre à plat

Le cours du cuivre est resté quasiment à l'équilibre cette semaine, en progressant fortement jusqu'à mercredi avant de retomber ensuite, hésitant entre une dynamique porteuse à long terme et la guerre au Moyen-Orient qui plombe la demande.

Très utilisé dans l'industrie, le métal rouge est crucial pour la transition énergétique, il sert à fabriquer des panneaux solaires, des éoliennes ou encore des batteries pour véhicules électriques, mais aussi pour les centres de données sur lesquels s'appuie l'intelligence artificielle, ainsi que pour le secteur de la défense.

L'essor des valeurs technologiques en début de semaine et le calme relatif sur le marché pétrolier ont donc dopé le prix du cuivre.

«Du côté de la demande, on signale presque quotidiennement depuis deux semaines une forte demande au comptant en Inde, et l'amélioration des perspectives de la demande chinoise», note aussi J.P. Steiner, analyste chez ADM Investor Services.

Mais le métal rouge est retombé à cause de la hausse des cours du pétrole en fin de semaine et faute d'avancée diplomatique sur la guerre au Moyen-Orient, qui plombe les perspectives économiques mondiales.

Le marché soupèse également la mise en place future de droits de douane sur le cuivre aux États-Unis, ce qui ajoute de l'instabilité aux prix.

Une tonne de cuivre coûtait 13 571,50 dollars sur le LME, contre 13 573 dollars lors de la clôture de la semaine dernière, après être montée jusqu'à 14 153 dollars mercredi.

Le sucre de glace

Les cours du sucre ont hésité cette semaine, augmentant en première partie de semaine avant d'être rattrapés par une nette hausse du dollar.

L'Inde (le deuxième producteur de sucre au monde) «a interdit les exportations de sucre pendant quatre mois, jusqu'au 30 septembre, afin de préserver l'approvisionnement local», explique Rich Asplund, analyste du site Barchart, ce qui réduit l'offre de sucre sur le marché et a fait monter les cours.

Néanmoins, les cours du sucre ont fortement chuté à partir de jeudi, à cause d'un dollar plus fort qui a entraîné d'importantes ventes de contrats à terme.

En effet, un dollar en hausse rend la vente de sucre plus rentable pour les producteurs étrangers et notamment ceux du Brésil (premier producteur de sucre).

Vendredi, à New York, la livre de sucre brut pour livraison en juillet valait 436,20 cents, contre 432,00 cents huit jours auparavant.

À Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison en août valait 14,72 dollars vendredi, contre 14,69 dollars le vendredi précédent à la clôture.

AFP

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