Berry: la trêve a permis à Israël de poursuivre son offensive
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Dans sa première réaction au communiqué de l’ambassade des États-Unis à Beyrouth, qui appelait le président de la République, le général Joseph Aoun, à une rencontre directe avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le président du Parlement Nabih Berry a déclaré au quotidien Asharq Al-Awsat, vendredi, que ce texte «se suffit à lui-même» et qu’il n’avait «rien à y ajouter».

Il a indiqué avoir «coupé ses moteurs», précisant que sa réponse au chef de l’État faisait suite à des propos tenus lors de la réception des délégations économiques, en référence aux déclarations de M. Aoun sur une coordination totale avec lui au sujet des négociations. Cette prise de position, selon lui, explique également son absence à la réunion prévue avec le président Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam au palais présidentiel.

Abordant la question de la prolongation de la trêve de trois semaines, décidée avec l’intervention du président américain Donald Trump, Nabih Berry s’est interrogé sur sa réalité sur le terrain. Il a dénoncé la poursuite des destructions de villages et de maisons par Israël, les atteintes aux civils — enfants, femmes et personnes âgées — ainsi que les entraves faites aux équipes de secours pour atteindre les blessés ou récupérer les personnes ensevelies sous les décombres.

Il a également évoqué les attaques visant les structures sanitaires et les secouristes, ayant fait des dizaines de morts, en questionnant la justification israélienne qui assimile ces victimes à des éléments militaires du Hezbollah.

Selon lui, cette trêve supposée a permis à Israël de poursuivre son offensive et de commettre des massacres d’une ampleur inédite, sans intervention effective des États-Unis pour imposer le respect du cessez-le-feu, alors même qu’ils avaient contribué à sa prolongation.

Il estime que Washington doit honorer ses engagements envers les Libanais et la communauté internationale. À défaut, s’interroge-t-il, quel sens donner à des négociations menées sous la pression militaire israélienne? Et que dire aux familles des victimes du Sud du Liban?

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