Déchéance de nationalité visant les Gardiens de la révolution et le frère de Safieddine
©Ici Beyrouth

Certains États interdisent la double nationalité, estimant que l’appartenance nationale ne peut être fragmentée. Dans cette logique, nul ne peut jouir de deux citoyennetés sans risquer des loyautés contradictoires.

Le Liban, lui, tolère cette pluralité, comme en témoigne le nombre élevé de Libanais détenteurs d’une seconde nationalité. Paradoxalement, certains possèdent celle d’un pays avec lequel ils entretiennent des divergences politiques. Ainsi, des membres du Hezbollah ou du mouvement Amal sont également titulaires de la citoyenneté américaine.

Dans le contexte des affrontements entre Israël et le Hezbollah, un fait singulier retient l’attention : des Gardiens de la révolution iranienne détiendraient la nationalité libanaise, tandis que des combattants du Hezbollah posséderaient la nationalité iranienne. Une situation qui facilite leurs déplacements, tout en soulevant des interrogations sur la nature des loyautés et sur les lignes de fracture idéologiques.

Plus troublant encore, la délégation iranienne engagée dans les négociations à Islamabad compterait des personnalités d’origine libanaise, dont le frère de Sayyed Hachem Safieddine.

Dans une duplicité inédite, le Hezbollah aurait ainsi mandaté l’un de ses visages connus (le frère de son ancien secrétaire général, assassiné seulement deux jours après sa prise de fonction) pour participer à des discussions visant un accord entre l’Iran et les États-Unis, dans l’espoir de mettre fin à l’état de guerre et d’aboutir à un règlement global. Dans le même temps, le mouvement rejette toute négociation directe entre le Liban et Israël visant à mettre fin à la guerre qui se poursuit sur son territoire.

Dès lors, ne serait-il pas plus cohérent de déchoir M. Safieddine de la nationalité libanaise, ainsi que toute personne exerçant un rôle similaire en Iran ? Par extension, ne faudrait-il pas envisager de retirer la nationalité à ceux dont les fonctions militaires ou politiques entrent en contradiction avec l’intérêt national, ne serait-ce que pour préserver la cohérence de l’appartenance nationale, rejeter les deux poids deux mesures et éviter que la citoyenneté libanaise ne passe au deuxième plan ?

Une réflexion qui mérite d’être posée. Mais dans le cadre institutionnel libanais, qui oserait réellement soulever une telle question, alors même que la ligne politique du Hezbollah s’inscrit davantage dans une logique régionale arrimée à l’Iran ?

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