Israël veut faire de la Turquie son «nouvel ennemi», accuse Ankara
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, s’exprime lors d’une conférence de presse après une réunion avec ses homologues d’Arabie saoudite, du Qatar, des Émirats arabes unis, de Jordanie, du Pakistan et d’Indonésie à Istanbul, le 3 novembre 2025. ©Ozan Kose / AFP

Après l’Iran, Israël veut faire de la Turquie son «nouvel ennemi», a accusé lundi le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, après une série d’échanges acides au cours du week-end.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou avait accusé samedi le président Recep Tayyip Erdogan de «ménager le régime terroriste iranien tout en massacrant ses propres citoyens kurdes».

«Israël ne peut se passer d’ennemi: il lui faut toujours élaborer une rhétorique et nous constatons que non seulement le gouvernement Netanyahu, mais aussi certains membres de l’opposition (...), tentent de désigner la Turquie comme un nouvel ennemi», a dénoncé M. Fidan.

«Il s’agit d’un phénomène nouveau en Israël, né d’une nécessité face à la rue et qui s’est ensuite mué en stratégie d’État», a ajouté le ministre lors d’un entretien en direct à l’agence de presse étatique Anadolu.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Israël Katz avait qualifié samedi la Turquie de «tigre de papier qui n’a pas réagi aux tirs de missiles lancés par l’Iran sur le territoire turc».

M. Katz réagissait notamment à une série d’inculpations, symboliques, annoncées par le procureur d’Istanbul pour «crimes contre l’humanité», «génocide», «privation de liberté» et «pillage».

La procédure vise trente-cinq responsables israéliens, dont MM. Netanyahu et Katz ainsi que le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, pour l’arraisonnement au large de Gaza l’été dernier de la «Flotille de la liberté» qui comptait acheminer de l’aide au territoire palestinien.

Burhanettin Duran, directeur de la communication de la présidence turque, a affirmé dans un communiqué que M. Netanyahou est un «criminel visé par des mandats d’arrêt» qui «entraîne la région dans le chaos et le conflit en guise de stratégie de survie politique».

AFP

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