La guerre au Moyen-Orient dope le nombre de passagers en transit à Heathrow
Londres-Heathrow conserve sa première place européenne en nombre de passagers avec 84,48 millions de voyageurs en 2025, devançant de peu Istanbul-IGA, dont la croissance annuelle a atteint 5,5%. ©Pexels

L’aéroport londonien de Heathrow, le plus fréquenté d’Europe, a annoncé lundi une augmentation de 10 % du nombre de passagers en correspondance le mois dernier, de nombreux voyageurs ayant choisi le hub britannique pour éviter les «fermetures de l’espace aérien au Moyen-Orient».

Heathrow a vu passer au total le mois dernier «6,6 millions de passagers, tandis que la demande se réorientait sur le réseau long-courrier de l’aéroport», précise l’entreprise dans un communiqué. «Les perspectives pour les prochains mois restent incertaines en raison du conflit en cours.»

D’Emirates (Dubaï) à Etihad (Abou Dhabi) en passant par Qatar Airways (Doha), les compagnies aériennes emblématiques du Golfe ont bâti leur modèle économique sur les passagers en correspondance par long-courriers, bénéficiant de leur position au carrefour des liaisons vers et depuis les Amériques, l’Europe, l’Asie et l’Océanie.

Après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février, l’Iran, attaqué, a riposté en visant des pays du Golfe, et notamment leurs infrastructures civiles comme des aéroports, forçant ces États à fermer temporairement leur espace aérien.

Cela a provoqué le chaos dans le transport aérien mondial, des passagers se retrouvant bloqués en Asie notamment. Des compagnies européennes et asiatiques disposant d’avions long-courrier ont annoncé avoir renforcé leurs liaisons directes entre les deux continents.

Le Qatar et les Émirats arabes unis avaient déjà partiellement rouvert leurs espaces aériens après les premiers jours du conflit. Bahreïn et l’Irak ont à leur tour annoncé mercredi dernier la réouverture, après l’annonce d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et la République islamique.

L’association des aéroports d’Europe a mis en garde la semaine dernière contre un risque de «pénurie systémique» de kérosène si le trafic maritime n’est pas rétabli dans le détroit d’Ormuz au cours des trois prochaines semaines.

Mais à ce stade, «les répercussions sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, concernant notamment le carburant, n’ont pas affecté les opérations de l’aéroport», affirme Heathrow lundi dans son communiqué.

Avec 84,48 millions de voyageurs, Heathrow est resté le premier aéroport européen en nombre de passagers l’année dernière, mais il était talonné par Istanbul, selon des chiffres publiés en février par l’association européenne des aéroports ACI Europe.

AFP

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