Nawaf Salam appelle à l’unité et au retour à l’accord de Taëf à la veille du 13 avril
Le Premier ministre, Nawaf Salam, lors d'une allocution depuis le Sérail À la veille de la commémoration du 13 avril 1975, le 12 avril 2026 ©Bureau du Premier ministre - ANI

À la veille de la commémoration du 13 avril 1975, marquant le déclenchement des guerres du Liban, le Premier ministre Nawaf Salam a appelé à tirer les leçons du passé et à préserver l’unité nationale.

« Combien nous avons besoin aujourd’hui d’apprendre de notre passé, non pas pour l’agiter comme une menace ni pour le transformer en arme les uns contre les autres », a-t-il déclaré.

Dans son discours, le chef du gouvernement a reconnu des erreurs collectives : « Certains d’entre nous ont eu tort de faire porter au Liban plus qu’il ne pouvait supporter (…) D’autres ont aussi eu tort de croire qu’il était possible de transformer la faiblesse du Liban en force. » Il a également mis en garde contre les ingérences extérieures, estimant que ceux qui y ont eu recours « se sont retrouvés prisonniers d’un jeu qui les dépassait ».

Évoquant la situation actuelle, Nawaf Salam a décrit « un tournant tragique », insistant sur la souffrance des populations : « Je comprends parfaitement la douleur de ceux qui ont perdu leurs proches et leurs maisons, et je comprends leur colère. » Il a également rappelé que « durant la guerre civile, tout le monde a payé le prix », appelant aujourd’hui à « empêcher toute fitna ».

Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de préserver la cohésion nationale, affirmant sa volonté de « se tenir les uns aux côtés des autres » et de renforcer ce qui unit les Libanais.

S’agissant du Liban-sud , il a souligné que « les habitants du Sud savent mieux que quiconque le coût des guerres », évoquant des décennies de conflits, de déplacements et « la multiplicité des centres de décision ». « Le Sud ne sera pas abandonné une nouvelle fois, et ses habitants seront dans un État juste », a-t-il assuré.

Il a par ailleurs affirmé poursuivre les efforts pour mettre fin à la guerre: « Nous poursuivons nos efforts pour mettre fin à la guerre, en tête desquels l’initiative présentée par le président de la République pour négocier un cessez-le-feu et permettre aux institutions légitimes d’assumer pleinement leur rôle dans la protection du Liban et de tous les Libanais.».

Enfin, Nawaf Salam a appelé à un retour à l’Accord de Taëf, exhortant à « appliquer pleinement ses dispositions ». « Revenons tous à ce que nous avons accepté comme pacte entre nous (…) pour construire l’État que nous souhaitons : un État juste, fort, unifié », a-t-il déclaré, plaidant également pour « corriger ce qui a été appliqué en contradiction avec son texte ou son esprit» et « combler les lacunes révélées par la pratique » si nécessaire.

Rappelant que le texte prévoit « l’extension de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire par ses propres forces », il a estimé que sa pleine mise en œuvre garantirait « la sécurité de tous les citoyens ». Concluant sur un appel à la responsabilité, il a affirmé : « La dignité de la patrie est la vôtre à tous (…) et si sa préservation exige aujourd’hui humilité et responsabilité, je m’y engage. »

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