Première rencontre entre Macron et Léon XIV, le Liban au cœur des préoccupations
Le président français Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron sont accueillis par le régent de la Maison pontificale, Leonardo Sapienza (à gauche), à leur arrivée dans la cour Saint-Damase avant une rencontre avec le pape Léon XIV, au Vatican, le 10 avril 2026. ©TIZIANA FABI / AFP

Une première visite dominée par le conflit au Moyen-Orient, et une préoccupation partagée pour le Liban: Emmanuel Macron rencontre vendredi Léon XIV au Vatican, près d'un an après l'élection du pape américain qui, comme lui, s'est démarqué de la rhétorique guerrière de Donald Trump.

Le président français et son épouse Brigitte Macron sont arrivés peu avant 10H00 (08H00 GMT) au palais apostolique, où ils seront reçus en audience par le souverain pontife puis par le secrétaire d'État du Saint-Siège, Mgr Pietro Parolin.

Pour sa quatrième audience papale en deux mandats, après les trois accordées par François, décédé l'an dernier, Emmanuel Macron compte avant tout discuter de «la résolution de la crise au Moyen-Orient», a dit l'Elysée à la presse.

Mais le Liban, qui a connu mercredi une journée de frappes israéliennes particulièrement meurtrière malgré l'accalmie sur les autres fronts, fait l'objet d'«une attention, une sensibilité particulière du pape et du président».

Léon XIV s'est rendu au pays du cèdre à l'automne pour son premier déplacement à l'étranger, tandis que le dirigeant français multiplie les messages pour prôner l'inclusion du front libanais dans le cessez-le-feu de deux semaines conclu mardi soir par les États-Unis avec l'Iran.

Le chef de l'État a déjà évoqué le conflit jeudi soir, dès son arrivée, avec les représentants de la communauté catholique Sant'Egidio, canal diplomatique informel du Saint-Siège très actif sur les dossiers moyen-orientaux et humanitaires.

«Macron est un homme de paix, il peut faire beaucoup pour soutenir les autorités libanaises, il ne faut pas les laisser seules», a ensuite déclaré à la presse son fondateur Andrea Riccardi.

Ces derniers jours, Emmanuel Macron ainsi que Léon XIV ont haussé le ton à l'égard de Donald Trump. Le premier a déploré qu'il «parle trop» et se contredise sans cesse, le second a jugé «inacceptable» sa menace d'«anéantir la civilisation iranienne».

Après l'annonce d'une trêve, dans la nuit de mardi à mercredi, tous deux ont exhorté à traduire l'accalmie en résolution diplomatique durable.

Relation à construire 

Pour le président français, qui aimait multiplier les entretiens avec le pape François, cette rencontre avec Léon XIV sera aussi l'occasion de découvrir un style différent, plus sobre et moins direct.

Emmanuel Macron cultive un rapport complexe, voire intellectuel, avec la religion, sans s'afficher en catholique pratiquant. Il avait pris l'habitude de discuter des crises mondiales mais aussi de spiritualité avec le pape argentin qu'il tutoyait.

«Je prie pour vous tous les jours», avait même confié Brigitte Macron à François en 2022, lors de la dernière audience papale au Vatican.

Mais la relation connaissait aussi ses tensions. À plusieurs reprises, le pape défunt avait vivement critiqué l'inscription de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution française ou le projet présidentiel d'instaurer en France une aide active à mourir – même si Emmanuel Macron s'est toujours gardé d'utiliser les mots euthanasie ou suicide assisté.

«On ne joue pas avec la vie!», s'était emporté le pape François au retour d'une visite à Marseille, où il avait eu un nouvel entretien avec le président français en 2023.

La relation avec Léon XIV est entièrement à construire, même si ce sujet de la fin de vie pourrait être dès vendredi sur la table, la loi française s'approchant d'une adoption définitive.

Emmanuel Macron va inviter le pape natif de Chicago, francophile et francophone, à venir en France prochainement, lui qui n'avait jamais convaincu son prédécesseur d'y effectuer une vraie visite d'État, et qui avait même essuyé son refus d'assister à la réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris en 2024, cinq ans après l'incendie dévastateur.

Double hasard du calendrier: le déplacement au Vatican intervient aux dates précises où aurait dû se tenir un sommet franco-italien à Toulouse entre Emmanuel Macron et la Première ministre Giorgia Meloni, aux relations notoirement tendues, avant qu'il ne soit reporté à une date encore non fixée vers le début de l'été.

Il se tient aussi trois jours avant la visite historique de Léon XIV en Algérie, une première. L'Élysée n'a pas démenti que le président français pourrait faire passer un «message» en faveur de la libération du journaliste français Christophe Gleizes, incarcéré depuis juin 2025 en Algérie.
 

AFP

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