Les commissions des Finances de l’Assemblée nationale et du Sénat ont validé mercredi la nomination d’Emmanuel Moulin, ex-secrétaire général de l’Élysée, à la tête de la Banque de France, malgré des critiques sur sa proximité avec Emmanuel Macron.
Une majorité des parlementaires des deux chambres s’est prononcée contre sa nomination (58 voix contre, 52 pour), mais il aurait fallu une majorité des trois cinquièmes pour bloquer le processus.
Dans le détail, sa nomination a recueilli 25 avis favorables et 46 défavorables à l’Assemblée (sur 71 suffrages exprimés), et 27 pour et 12 contre au Sénat (sur 39 exprimés).
L’incertitude avait plané jusqu’au bout, en raison des réserves de nombreux parlementaires sur cet ancien directeur du Trésor, passé par plusieurs cabinets ministériels sous les présidences Sarkozy et Macron.
Le choix d’Emmanuel Macron avait suscité des critiques, certains y voyant un recasage de proches du président, après d’autres nominations controversées à des postes clés de l’État.
Les socialistes avaient annoncé leur opposition, estimant que M. Moulin ne présentait «pas les garanties d’indépendance politique indispensables» à la fonction de banquier central.
Les Insoumis et le RN avaient également annoncé qu’ils voteraient contre, tandis que le sort de la nomination dépendait largement des Républicains.
Lors de son audition, Emmanuel Moulin a défendu son indépendance, se disant «un homme libre» et affirmant avoir toujours servi l’État avec impartialité.
Il a toutefois été vivement critiqué par plusieurs députés, certains dénonçant un «cadenassage des institutions» et une forte politisation de sa carrière.
De son côté, il a mis en avant son expérience économique, ses capacités de gestion et son profil international pour justifier sa nomination à la tête de la Banque de France.
AFP



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