La récente menace du régime iranien visant des institutions et universités américaines dans la région, y compris au Liban, a provoqué un choc. Elle a été amplifiée par un journaliste proche du Hezbollah, qui a salué les «bienfaits» d’une telle attaque potentielle.
Cette réaction révèle une réalité amère: le Hezbollah considère toute forme d’éducation indépendante et de développement humain comme un ennemi. L’Université Américaine de Beyrouth (AUB) et l’Université Libano-Américaine (LAU), entre autres institutions, incarnent tout ce que le mouvement rejette. Pour lui, tout ce qui échappe à ses principes d’obscurantisme et à sa soumission à l’Iran représente une menace idéologique.
Une souveraineté sacrifiée au profit d’une allégeance extérieure
Ce qui est d’autant plus révélateur, c’est que pour les partisans du Hezbollah, ces menaces ne représentent aucune violation de souveraineté. Premièrement, parce qu’ils n’ont même pas cette marge de réflexion, même quand il s’agit de leur propre sécurité. Deuxièmement, parce qu’ils considèrent le Liban comme une extension de l’Iran, tout en servant un discours de «défense du territoire». Cette contradiction montre leur soumission totale, au détriment des intérêts nationaux et de leur propre communauté.
Les ambitions révélées d’Imad Mughniyeh
Une ancienne vidéo d’Imad Mughniyeh, récemment partagée sur les réseaux sociaux, a rappelé les ambitions d’influence et de contrôle du Hezbollah au Liban. Dans cette vidéo, Mughniyeh adopte un ton de suprématie qui, à l’époque, pouvait séduire une partie de la population chiite. Aujourd’hui, cette même communauté constate de manière plus tangible les conséquences de ces choix: destruction de certaines habitations, hostilité envers les autres composantes du pays et envers les membres de la communauté non alignés, menaces physiques, déplacements forcés et perspectives d’avenir compromises — le tout au service exclusif des intérêts de l’Iran.
Cette vidéo sert de miroir: elle confirme le fait que les choix idéologiques du Hezbollah ne sont pas abstraits, mais ont un impact durable et concret sur la sécurité et le bien-être des Libanais, en particulier au sein de la communauté chiite.
Mémoire du College Hall
Le parallèle avec le 7 novembre 1991 est frappant. L’explosion du College Hall à l’AUB, survenue après la guerre civile, visait à intimider les institutions éducatives et freiner la formation d’une jeunesse autonome. Aujourd’hui, la menace verbale et idéologique s’inscrit dans la même logique: terroriser et réduire au silence toute initiative capable de renforcer la souveraineté et le développement du Liban.
Choc au sein de la communauté chiite
Les propos du journaliste pro-Hezbollah ont aussi provoqué un choc au sein de la communauté chiite. Étudiants, personnel et familles travaillant au sein de ces institutions réalisent que le mouvement ne place ni leur sécurité ni leur avenir au premier plan. Même certains relais de la propagande ont tenté d’atténuer la portée des messages, mais le constat est clair: les intérêts de l’Iran prime même sur le bien-être de leur communauté.
Pour les familles qui investissent malgré la crise dans l’éducation de leurs enfants, cette prise de conscience est un électrochoc. La formation académique et l’accès aux universités internationales apparaissent comme essentiels pour garantir un futur sûr et prometteur.
Désarmer pour libérer le Liban
Le Liban traverse une crise économique, sociale et sécuritaire profonde. Dans ce contexte, le capital humain demeure l’un des principaux atouts du pays. Chaque étudiant représente un potentiel de reconstruction et d’innovation. Attaquer ou minimiser ce capital compromet directement l’avenir national.
Le désarmement du Hezbollah, conforme aux décisions politiques existantes, constitue un levier essentiel pour restaurer l’autorité publique et garantir la sécurité des citoyens. Toutefois, cette démarche doit s’accompagner d’un effort parallèle: la promotion de la résistance culturelle. Ce concept, historiquement défendu par le Père Selim Abou à l’Université Saint-Joseph, visait à préserver l’autonomie intellectuelle et la liberté d’expression face à des pressions sécuritaires et politiques à l’époque de l’occupation syrienne du Liban.
Aujourd’hui, la situation a radicalement changé: le Liban dispose d’institutions et d’un cadre légal qui légitiment la limitation des activités militaires du Hezbollah. La résistance culturelle vient compléter et renforcer l’action de l’État, par la protection des institutions éducatives, le développement de l’esprit critique et la valorisation du capital humain. Ce double levier — sécuritaire et intellectuel — est central pour permettre une autonomie durable du pays face à l’influence iranienne.
Un choix stratégique pour l’avenir
Le Liban se trouve à un carrefour entre deux trajectoires : obscurantisme et soumission d’un côté, éducation, développement et souveraineté de l’autre. Les menaces adressées aux universités ne sont pas seulement symboliques: elles rappellent l’importance d’une mobilisation concrète en faveur des institutions éducatives et du capital humain. Saisir cette opportunité permettrait de renforcer la souveraineté nationale et de préparer un avenir où la jeunesse pourra s’épanouir librement, sans subir de pressions idéologiques destructrices importées du régime iranien. Le rappel récent de l’hostilité envers les universités pourrait ainsi servir de déclencheur pour un sursaut national, où le désarmement du Hezbollah et la promotion d’une résistance culturelle forte deviennent des impératifs pour garantir la sécurité, la liberté et l’avenir du pays.




Commentaires