Frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement
De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne dans le quartier Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. ©- / AFP

Des frappes ont visé vendredi la banlieue sud de Beyrouth, l'armée israélienne indiquant y cibler des «infrastructures terroristes» après avoir lancé un appel à évacuer le secteur.

L'armée israélienne a indiqué dans un communiqué avoir «commencé à frapper des infrastructures terroristes» dans la capitale.

Quatre frappes violentes ont visé la banlieue sud de Beyrouth, tandis que des avions de guerre survolaient intensément la zone à basse altitude.

Les frappes ont ciblé le quartier  «américain», près du complexe Al-Mujtaba, ainsi que la région de Hadath, aux abords de Sainte-Thérèse et de Haret Hreik.

Selon les informations disponibles, la dernière frappe israélienne a visé un bâtiment situé à proximité du magasin Al-Halabawi, à Haret Hreik.

Déclaration de l’armée israélienne

Le porte-parole de l’armée israélienne, le général de brigade Effie Defrin, a affirmé que l’armée israélienne ne renoncera pas à son objectif de désarmer le Hezbollah, qu’il qualifie d’organisation terroriste. Il a souligné qu’il s’agit d’un objectif permanent auquel l’armée reste attachée, assurant que les efforts se poursuivent sans relâche pour le faire progresser, comme cela était déjà le cas avant l’opération en cours. Selon lui, l’intensification actuelle des frappes dans le cadre de cette opération contribue à rapprocher Israël de la réalisation de cet objectif.

Békaa

L’armée israélienne a mis à exécution sa menace en visant le pont reliant les localités de Sohmor et Machghara, au-dessus du fleuve Litani, sans toutefois le détruire entièrement.

Plus tôt, le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, avait écrit sur son compte X :
«En raison des activités du Hezbollah et du transfert d’éléments terroristes vers le sud du Liban sous couvert de civils, l’armée israélienne est contrainte de mener des frappes larges et précises contre ses activités. Afin d’empêcher le transfert de renforts et de moyens de combat, l’armée prévoit de cibler les ponts de Sohmor–Machghara. Pour votre sécurité, vous devez vous diriger vers le nord du fleuve Zahrani et éviter tout déplacement vers le sud, qui pourrait mettre vos vies en danger.»

Dans l’après-midi, un drone israélien a ciblé la localité de Sohmor, dans la Békaa-Ouest, faisant deux morts et onze blessés.

Liban-Sud

Plusieurs frappes israéliennes ont aussi touché  la région de Tyr, causant «d'importantes destructions d'habitations et de commerces».

Les troupes israéliennes ont aussi «détruit» les dernières habitations restantes dans plusieurs villages frontaliers, déjà largement rasés lors de la précédente guerre en 2024, selon l'Ani.

L'armée israélienne a dit avoir frappé plus de 3.500 cibles à travers le Liban depuis le 2 mars, et le Hezbollah a revendiqué 1.309 opérations contre des cibles israéliennes.

Avertissement de sécurité pour les citoyens américains

L'ambassade des États-Unis à Beyrouth a publié un communiqué alertant sur l’instabilité et le caractère imprévisible de la situation sécuritaire au Liban, où des frappes aériennes, des attaques de drones et des tirs de roquettes se multiplient, notamment dans le sud, la Békaa et certains quartiers de Beyrouth.

Le communiqué précise que l’Iran et les milices qui lui sont fidèles pourraient viser des universités, l’Iran ayant spécifiquement menacé les universités américaines à travers le Moyen-Orient. Le Département d’État exhorte ainsi les citoyens américains présents au Liban à quitter le pays tant que des vols commerciaux sont encore disponibles, et recommande à ceux qui choisissent de rester de préparer des plans d’urgence et de se mettre à l’abri si la situation venait à se détériorer.

L’ambassade insiste particulièrement sur la nécessité pour les citoyens américains situés dans le sud du Liban, près des frontières syriennes, dans les camps de réfugiés et dans la banlieue sud de Beyrouth, de quitter ces zones immédiatement.

Bilan humain

Les frappes ont tué 1.368 personnes, dont 125 enfants, depuis le 2 mars, selon le dernier bilan du ministère de la Santé, et fait plus d'un million de déplacés.

 

 

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