La guerre ne justifie pas l’utilisation des dépôts des citoyens pour financer l’État
Le secrétaire général de l’Association des banques, Fadi Khalaf: es fonds des déposants ne peuvent être utilisés pour financer l’État. ©Al-Markazia

Selon le secrétaire général de l’Association des banques du Liban (ABL), Dr Fadi Khalaf, la guerre ne justifie pas l’usage des dépôts des citoyens. Dans l’introduction du rapport mensuel de l’ABL de mars 2026, Khalaf rappelle que dans le contexte de la guerre et des pressions exceptionnelles qu’elle impose à l’État et à ses institutions, une question cruciale revient sur le devant de la scène: l’État doit-il financer ses besoins à partir des réserves de la Banque du Liban ?

Et si oui, de quelles ressources s’agirait‑il: les fonds publics en livres libanaises ou les dépôts en dollars des citoyens détenus par les banques ?

Cette dernière option serait inacceptable. La guerre, quelle qu’elle soit, ne peut justifier de reproduire les choix qui ont conduit à la perte de droits et à l’érosion de la confiance. Le secteur bancaire, avec ses déposants, compte sur le sens de responsabilité et la transparence de la Banque du Liban pour protéger ces fonds et les empêcher d’être utilisés à mauvais escient.

Khalaf rappelle quelques points fondamentaux:

- Les fonds des déposants ne sont pas une ressource pour financer l’État et ne doivent jamais être utilisés pour couvrir ses besoins ou dépenses exceptionnels.

- Ces fonds restent des droits privés qui appartiennent à leurs propriétaires et ne peuvent être confondus avec les finances publiques.

- Tout recours aux réserves des banques auprès de la Banque du Liban compromettrait sérieusement la restitution future des dépôts.

- Utiliser ces fonds détruirait la confiance restante dans le secteur bancaire, la Banque du Liban et l’État libanais.

- Les banques libanaises ne peuvent plus attendre la définition d’un cadre légal garantissant leur continuité et les protégeant contre l’usage des dépôts par l’État.

- Le report des élections législatives devrait permettre au Parlement de se consacrer aux grands dossiers de réformes, en priorité le projet de Gap Law.

- L’adoption rapide des lois est essentielle, à condition qu’elles soient applicables.

- Protéger les déposants et assurer la continuité des banques ne sont pas des objectifs contradictoires, au contraire: la liquidation des banques mettrait les dépôts en danger.

En conclusion, deux principes doivent être respectés en toutes circonstances: aucun financement de l’État ne doit se faire avec l’argent des déposants, et aucun véritable redressement ne peut être envisagé sans l’adoption de lois justes et applicables.

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