Liban: 22% des terres cultivées endommagées, la sécurité alimentaire «menacée»
Le ministère de l’Agriculture a révélé samedi, dans son premier rapport, l’étendue des dégâts ayant touché le secteur agricole au Liban, durement affecté par la guerre. ©Shutterstock

Le ministère libanais de l’Agriculture a révélé samedi, dans son premier rapport, l’étendue des dégâts ayant touché le secteur agricole au Liban, durement affecté par la guerre.

Environ 46.479 hectares de terres agricoles ont été endommagés, soit 22% de la superficie totale cultivée dans le pays, en raison des attaques continues, menaçant «la sécurité alimentaire nationale».

Les données montrent que la majorité des dégâts a été enregistrée dans les gouvernorats du Sud et de Nabatiyé, parmi les principales régions agricoles du Liban, selon le ministère.

Les surfaces endommagées y ont atteint 44.297 hectares, contre seulement 2.181 hectares dans les autres régions.

Les dommages concernent divers types de cultures, notamment les arbres fruitiers et les oliviers, ainsi que les cultures sous serre (serres plastiques), en passant par les exploitations agricoles de petite et moyenne taille, les plus vulnérables face aux crises.

Plus de 76% des agriculteurs des zones les plus touchées ont été contraints de se déplacer.

Des experts avertissent que ce déplacement massif des agriculteurs constitue une menace directe pour la poursuite du processus de production et augmente les risques de dégradation de la sécurité alimentaire, dans un contexte de perturbation du cycle agricole et de perte de main-d’œuvre.

Les répercussions ne se limitent pas aux cultures: elles s’étendent également au cheptel. Des taux de mortalité élevés ont été enregistrés, atteignant 49% pour les ruches d’abeilles et 39% pour les poissons, sans compter des pertes chez les bovins, les ovins et la volaille, toujours selon le ministère de l’Agriculture.

Ces indicateurs annoncent des conséquences graves sur les chaînes d’approvisionnement alimentaire, d’autant plus que le marché local dépend de ces ressources comme composantes essentielles de la sécurité alimentaire.

Le rapport identifie plusieurs besoins urgents, notamment la fourniture d’une aide financière immédiate, l’approvisionnement en eau d’irrigation et en carburant, la mise à disposition d’aliments pour bétail et de soins vétérinaires, ainsi que le soutien au transport de la production vers des zones sûres et la fourniture d’équipements et de médicaments agricoles afin d’assurer un minimum de continuité.

Parallèlement, le ministère de l’Agriculture a annoncé le lancement d’un plan de réponse reposant sur plusieurs axes principaux: soutien direct aux agriculteurs, protection de la production animale, maintien des chaînes d’approvisionnement alimentaire, appui aux marchés et renforcement du contrôle des prix, ainsi que la coordination accrue avec les parties concernées pour une évaluation continue des besoins.

Le rapport conclut que le secteur agricole au Liban traverse «l’une des phases les plus critiques de son histoire, où les pertes sur le terrain se conjuguent aux défis économiques et sociaux, ce qui nécessite une réponse nationale globale et rapide afin d’assurer la continuité de la production et de protéger la sécurité alimentaire dans une période extrêmement sensible.

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