L'Iran sélectionne les navires «alliés» autorisés à traverser le détroit d'Ormuz
Une photo diffusée par le site officiel du Corps des Gardiens de la Révolution islamique montre des embarcations manœuvrant autour d’un pétrolier lors d’un exercice militaire mené par des membres des Gardiens et de la marine dans le détroit d'Ormuz, le 17 février 2026. ©Sepah News / AFP

L'Iran sélectionne les navires de pays «alliés» autorisés à traverser le détroit d'Ormuz, dont la circulation est verrouillée par les autorités de la République islamique en représailles aux frappes israélo-américaines déclenchées fin février, ont indiqué mardi des données de suivi.

Au moins cinq navires ont quitté la voie maritime stratégique, par laquelle transite en temps normal près de 20% du brut mondial et du gaz naturel liquéfié (GNL), en passant par les eaux iraniennes les 15 et 16 mars, a indiqué mardi la société de renseignement maritime Windward dans un rapport d'analyse.

«Cette nouvelle route illustre la manière dont le blocus sélectif de l'Iran a évolué pour permettre le transit de ses alliés et soutiens», a-t-elle déclaré.

Au moins quatre navires ont quitté le détroit d'Ormuz par le chenal Larak–Qeshm, près des côtes iraniennes, au cours des deux jours précédents, complète une note publiée par Natasha Kaneva, analyste matières premières à la banque JPMorgan.

«Il ne s'agit pas d'une route standard pour les navires. Cela pourrait refléter une procédure visant à confirmer la propriété du navire et la nature de la cargaison, permettant le passage des navires qui ne sont pas affiliés aux États-Unis ou à leurs alliés», a-t-elle indiqué à l'AFP.

Les navires comprenaient notamment un pétrolier, battant pavillon pakistanais, qui a traversé le détroit avec son système d'identification automatique activé, selon une publication du site spécialisé MarineTraffic, alors que la plupart des navires le laissent éteint pour éviter d'être pris pour cible.

La majeure partie du brut transitant par le détroit était destinée à l’Asie, principalement à la Chine, a encore ajouté Natasha Kaneva.

Un navire appartenant à des intérêts turcs a également pu franchir le détroit avec l'autorisation de l'Iran, a déclaré vendredi le ministre turc des Transports, Abdulkadir Uraloglu.

Même si les responsables à Téhéran enchaînent les déclarations contradictoires, mi-mars le chef de la diplomatie iranienne a assuré que son pays était prêt à autoriser les navires de certains pays à emprunter le détroit d'Ormuz.

Téhéran cible le détroit pour le rendre impraticable et gêner l'économie mondiale pour faire pression sur Washington.

«La situation dans le détroit d'Ormuz ne retournera pas à son statut d'avant-guerre», a averti mardi le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, sur X, sans plus de détails.

Le président américain Donald Trump a qualifié mardi d'«erreur vraiment stupide» le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux États-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz.

AFP

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